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Tourisme médical à l’essai


Jeudi 27 avril 2006

BERNE Les idées fusent pour abaisser les coûts de la santé. Dernière proposition: les soins à l’étranger seront remboursés par l’assurance de base

Pascal Couchepin lance la libre circulation des malades. Des soins fournis à l’étranger pourront être remboursés par l’assurance maladie de base dans le cadre de projets pilotes limités aux zones frontalières, et ceci pendant trois ans. C’est la région des deux Bâle, avec celle de Lörrach, en Allemagne, qui sera la première à participer à cet essai. L’objectif est de tester la coopération transfrontalière afin de déterminer si elle a une influence sur les coûts. «Il s’agit de renforcer la concurrence et d’obtenir une baisse des prix», a expliqué le ministre de la Santé.

Aujourd’hui, le «tourisme des soins» est admis dans les assurances complémentaires. Or le Conseil fédéral a accepté hier d’encourager cette démarche, mais à certaines conditions. D’abord, les assureurs, les cantons et les fournisseurs de soin devront s’entendre sur les prix, afin d’éviter tout dumping sur les prestations et les traitements concernés. Parmi les cas qui entrent dans le cadre du projet, Berne pense par exemple à de la réhabilitation après une opération cardiaque. C’est le département de Pascal Couchepin qui donnera l’autorisation pour ces expériences.

Pour inciter les assurés à s’expatrier, les assureurs pourront renoncer en partie ou entièrement au prélèvement de la franchise, qui oscille entre 300 et 2500 francs, et à la contribution aux frais de médicaments et d’hospitalisation. Si les hôpitaux ont manifesté des réticences à cette proposition, les assureurs se disent déjà satisfaits.

Exemption pour les recrues

Toujours dans l’idée de faire baisser les primes, le Conseil fédéral veut réduire, en trois ans et dès 2007, les taux minimaux des réserves des caisses qui permettent de couvrir les risques imprévus. Pascal Couchepin entend ainsi inciter les assureurs à une meilleure gestion de leurs activités. Cette mesure contribuera à la restructuration du secteur, car il y a encore trop de partenaires, estime le ministre de la Santé.

Enfin, bonne nouvelle pour les recrues. Dès cet été, elles seront exemptées de leurs primes lorsqu’elles seront sous les drapeaux.

Anne Dousse