Un congrès réunit 2200 neurologues à Lausanne

Mercredi 31 mai 2006
ABSENCE – La réunion de la Société européenne de neurologie aurait dû être présidée par le professeur Bogousslavsky.
C’est le professeur Julien Bogousslavsky qui aurait dû présider le 16e congrès européen de neurologie qui réunit jusqu’à ce soir à Lausanne 2200 neurologues venus du monde entier. En 1992, Lausanne les avait déjà accueillis.
Si les événements qui ont abouti à l’incarcération du patron de la neurologie lausannoise n’ont officiellement pas été évoqués, «la perte de ce confrère de notoriété mondiale», comme le formule son collègue le professeur Andreas J. Steck, est durement ressentie.
Chef du service de neurologie de l’Hôpital universitaire de Bâle, le Lausannois Andreas Steck (qui a travaillé quinze ans au CHUV avant de rejoindre Bâle en 1992) se félicite de la forte participation suisse au congrès (260 neurologues) et de la qualité scientifique de leurs contributions. Interview.
— 51 millions d’Européens souffrent de maladies neurologiques. Sont-elles en augmentation?
— Oui à cause du vieillissement de la population. L’âge constitue un facteur de risque aussi bien pour les attaques vasculaires cérébrales que pour les maladies dégénératives comme le Parkinson ou Alzheimer.
— Dans quels domaines se situent les avancées?
— La neuro-imagerie, plus précisément la résonance magnétique fonctionnelle, a fait d’énormes progrès. Elle permet de visualiser les fonctions du cerveau, donc de mieux cibler les médicaments. Si l’on peut par exemple déceler et localiser un Alzheimer débutant, on peut imaginer des médicaments neuro-protecteurs pour prévenir son évolution.
— Les thérapies contre la maladie d’Alzheimer ou la sclérose en plaques progressent-elles?
— Dans les deux cas, nous disposons de nouveaux médicaments prometteurs. Pour la première, il s’agit de substances qui traitent de mieux en mieux les symptômes, c’est-à-dire les troubles de la mémoire, le comportement, l’état dépressif. Ils améliorent la qualité de vie des patients. Pour la seconde, nous avons déjà l’interféron qui freine l’activité de la maladie et diminue la fréquence des poussées de 30%. Une nouvelle molécule encore plus performante va tout prochainement être mise sur le marché. Elle pourra dans certains cas diminuer les poussées de 60%.
— La neurologie attire-t-elle les jeunes médecins?
— Il en faudra toujours davantage. Nous avons invité à Lausanne 300 neurologues en formation du monde entier.
Francine Brunschwig

