Les coûts de la santé ont pulvérisé en 2005…
Les coûts de la santé ont pulvérisé en 2005 la barre des 20 milliards de francs

Mercredi 21 juin 2006
SUISSE Assurance de base. La facture s’est alourdie de 1,2 milliard de francs en un an, soit une augmentation de 5,6%, supérieure à la moyenne de ces dernières années. Un record, en chiffres absolus. Les disparités cantonales sont importantes.
Les coûts de la santé augmentent chaque année, c’est inéluctable. Mais à ce point… Les frais facturés à l’assurance de base ont franchi l’an dernier la barre des 20 milliards de francs. Il s’agit de la plus forte croissance en chiffres absolus jamais atteinte depuis l’introduction de la LAMal il y a dix ans. Alors qu’une hausse de 4,5 à 5% par an affecte tous les pays industrialisés, la Suisse accuse pour 2005 une croissance des dépenses de 5,6% (+1,2 milliard en un an).
A Genève, elle grimpe carrément de 7,5%, alors que Vaud reste dans la norme avec 4,8%. L’augmentation la plus importante a été enregistrée dans le canton d´Uri (10,9%). Le canton reste néanmoins 20% en dessous de la moyenne suisse des coûts par assuré.
Ces augmentations brutales interviennent en dépit des mesures prises pour enrayer la hausse des coûts, comme le transfert des hospitalisations vers le secteur ambulatoire ou le développement des soins à domicile pour alléger la facture du côté des EMS.
«C’est le secteur ambulatoire qui est le principal responsable du renchérissement (+19,6%)», constate Nicole Buillard, porte-parole de santésuisse. Selon elle, cette flambée des coûts est l’une des conséquences de Tarmed. Son introduction ayant conduit à des retards de facturation dans les hôpitaux, les coûts de ce secteur ont légèrement baissé (–1,4%) en 2004. Mais la facturation différée s’est répercutée sur l’année 2005.
«Les frais liés aux EMS ont augmenté de 6,1%, les soins à domicile de 6%, le secteur hospitalier, stationnaire, de 4,1% et les factures des médecins en privé, de 2,9%», poursuit la porte-parole. «Pour ce qui est des médicaments, le renchérissement est de 4% lorsqu’ils sont délivrés par un médecin, de 2,3% par un pharmacien. »
Quel impact sur les primes?
C’est sur la base des coûts 2005 que sont fixées, durant l’été, les primes 2007. Cette hausse importante sera-t-elle répercutée directement? «Il est trop tôt pour le dire, répond Nicole Buillard. Les assureurs ont jusqu’à fin juillet pour déposer auprès de l’Office fédéral de la santé publique leurs propositions de primes. Celles-ci seront établies fin septembre. Cette année, l’augmentation devrait toutefois être freinée par la diminution des réserves des caisses décidée par Pascal Couchepin. » Mais à terme, l’explosion de la facture de 2005 ne manquera pas de se retrouver sur le montant des primes des assurés.
Réactions
Felix Gutzwiller (ZH), conseiller national radical: «Il est illusoire de penser que l’on pourra réduire les coûts en termes réels, comme certains le proposent. Cela impliquerait une diminution des prestations. Les augmentations ont été plus importantes encore dans les années qui ont suivi l’introduction de la loi sur l’assurance maladie. Il faut viser des augmentations de l’ordre de 2 à 3% par an. »
Stéphane Rossini (VS), conseiller national socialiste: «Les réformes sont bloquées. Les mécanismes restent les mêmes qu’en 1996. Tant que le système n’est pas modifié, l’évolution des coûts ne peut pas changer. Elle sera à nouveau au rendez-vous cette année. » (cz)
Pascale Zimmermann

