Santé: «La collaboration entre cantons est un échec»

Mardi 27 juin 2006
SUISSE LAMal. Les radicaux veulent changer la Constitution pour débloquer le débat sur le système de santé. Selon eux, les cantons ont besoin d’être secoués. Interview du chef du groupe parlementaire Felix Gutzwiller qui présentait hier les idées de son parti.
Après l’article sur la formation, les radicaux veulent remettre la compresse dans le domaine de la santé. Selon eux, il faut d’urgence abolir les 26 systèmes parallèles et incohérents. Felix Gutzwiller a déposé une initiative parlementaire. Il réclame la création d’un «Conseil national de la santé», organe exécutif qui réunirait les cantons, la Confédération et les professionnels de la santé.
Vous voulez centraliser le pouvoir dans les mains de Berne?
Nous voulons obliger Berne et les cantons à mieux se coordonner. Actuellement, nous avons toujours 26 systèmes hospitaliers, centrés sur eux- mêmes, soit sur des marchés essentiellement cantonaux.
Concrètement, qu’est-ce qu’il faut améliorer?
Il faut définir ensemble les critères de coûts, d’efficacité et de qualité. Les services qui ne les remplissent pas devront fermer. Depuis quinze ou vingt ans, rien n’a changé et les cantons n’ont pas su maîtriser le fédéralisme. La planification hospitalière est insuffisante. L’exemple de la médecine de transplantation, avec la bisbille qui oppose Zurich aux autres gouvernements, est significatif. Les cantons n’arrivent pas à faire leur travail.
Vous dénoncez l’immobilisme dans le système de santé, or c’est l’un des vôtres, Pascal Couchepin, qui le dirige, non?
Les échecs dans la révision de la loi sont ceux du parlement. Pascal Couchepin est d’avis qu’il faut dépasser le fédéralisme. Cela dit, notre proposition est une réponse aux deux initiatives populaires sur lesquelles nous voterons l’an prochain. La gauche veut une caisse unique, l’UDC veut réduire l’assurance de base. Dans les deux cas, on ne va nulle part.
Adrien Bron

