Non aux médecines douces

Jeudi 31 août 2006
BERNE Pascal Couchepin a convaincu le gouvernement de ne pas réintroduire cinq méthodes de soins dans le catalogue de base de l’assurance maladie. Le patron des médecins, Jacques de Haller, ne comprend pas cette décision
Les patients qui recourent aujourd’hui à l’homéopathie resteront pénalisés, car les médecines complémentaires ne seront pas remboursées par l’assurance de base. C’est la conviction de Jacques de Haller, le patron des médecins suisses, qui ne comprend pas la décision du Conseil fédéral. Le gouvernement a recommandé hier au Parlement de rejeter l’initiative populaire «Oui aux médecines complémentaires».
«C’est injuste de vouloir limiter l’accès aux soins sur une base financière. Le recours aux médecines complémentaires est souvent le résultat d’options de vie», relève Jacques de Haller. Pour le ministre de la santé, les médecines scientifique et alternative ne peuvent pas être mises sur pied d’égalité. «Plus de 3000 médecins et quelque 20 000 thérapeutes utilisent plus de 200 méthodes alternatives. Une prise en compte complète ne serait possible qu’en renonçant aux critères d’efficacité et d’économicité», explique Pascal Couchepin.
Une critique que rejette la sénatrice socialiste Simonetta Sommaruga, membre du comité d’initiative. «Il n’a jamais été question que toutes les méthodes et médecines alternatives soient couvertes par les caisses. Le texte demande que seules les cinq médecines douces supprimées en 2005 dans le catalogue de base de l’assurance maladie y soient réintégrées et à condition qu’elles soient dispensées par un médecin. »
Il s’agit de l’homéopathie, la phytothérapie, la thérapie neurale, la médecine anthroposophique et la médecine traditionnelle chinoise. Selon un sondage, 79% des Suisses seraient favorables à leur réintroduction parmi les prestations couvertes.
Pascal Couchepin brandit aussi la menace d’une hausse des coûts. «C’est absurde dans la mesure où ces cinq méthodes ne représentent que 0,13% des coûts de la santé», s’insurge Simonetta Sommaruga. Jacques de Haller parle, lui, «d’imposture». Et il rejette l’argument du ministre de la Santé qui craint que cette extension nuise à la solidarité. «Les médecins suisses ont proposé d’augmenter les cotisations de l’assurance de base de 2 à 3 francs pour les assurés qui souhaitent accéder aux médecines complémentaires. » Une idée qui n’a pas été retenue mais qui pourrait resurgir lors du débat parlementaire.
Anne Dousse

