Primes au mérite plébiscitées

Vendredi 8 septembre 2006
SONDAGE Une majorité de Suisses estiment que les fumeurs et les obèses devraient payer des primes maladie plus chères. Une mauvaise idée, selon le patron des médecins
Vous ne fumez pas. Vous mangez sainement. Vous faites du sport. Vos efforts doivent être récompensés en payant des cotisations d’assurance maladie moins élevées. Par contre, ceux qui ne se soucient pas de leur santé seront tenus de passer à la caisse. Voilà la conviction de 65% des personnes sondées par SantéSuisse. Des résultats publiés hier par l’association faîtière des assureurs maladie, qui a enquêté auprès de 1203 personnes.
«Cette prime au mérite est une mauvaise idée, tant elle est inapplicable. Elle est le reflet du climat actuel qui vise à instaurer une société normative. On n’en finit pas de décréter ce qui est bien, ce qui est mal», commente Jacques de Haller, le président de la Fédération des médecins suisses. Il voit dans cette mesure une négation de la solidarité face à la maladie. «Surtout que la maladie ne dépend pas des modes de vie. »
Par contre Jacques de Haller partage la préoccupation du tiers de la population qui juge que la charge financière des primes n’est plus supportable. Et il se félicite que trois sondés sur quatre demandent que la Confédération et les cantons prennent en charge les médecines complémentaires. Or Pascal Couchepin recommande de repousser l’initiative populaire qui va dans ce sens.
Autre révélation: 74% des personnes interrogées estiment que l’assurance-maladie doit financer les traitements à l’étranger si les mêmes prestations peuvent y êtres fournies à des coûts moindres. Jacques de Haller ne dit pas non mais à condition que cette solution reste volontaire et que les hôpitaux suisses bénéficient du même traitement.
Enfin le projet de caisse unique qui sera soumis en votation en mars recueille 38% de votes favorables contre 44%, qui privilégient le système actuel. «Je m’attendais à ce que davantage de personnes soient allergiques à cette proposition. Les assureurs n’auront pas trop des millions qu’ils ont prélevés sur les cotisations des assurés pour financer leur campagne», souligne Jacques de Haller.
Anne Dousse

