Santésuisse joue avec le feu

Vendredi 8 septembre 2006
Editorial
Le sondage de Santésuisse, l’association faîtière des assureurs maladie, sur les comportements de la population face aux problèmes de la santé ne convainc pas et laisse un arrière-goût de scepticisme. Les réponses aux questions sont parfois contradictoires et interprétées dans le sens voulu par les assureurs. Et certaines idées mises en avant comme cette solution de la prime au mérite sont inapplicables, tant elles mettent à mal la solidarité. Inconcevable d’imaginer un système qui punisse les fumeurs et les obèses en leur faisant payer plus cher leur primes. Cela ressemble à de la ségrégation.
Ce qui dérange aussi dans cette enquête, c’est le moment choisi. Quelques jours avant le débat au Parlement sur les révisions de l’assurance maladie. Santésuisse veut faire passer son message en s’appuyant sur les exigences de la population. Cela s’appelle de la manipulation.
Et quelques jours aussi avant l’annonce de la nouvelle hausse des cotisations. On parle d’une augmentation de 3%. C’est moins que les années dernières mais cette majoration s’ajoute aux précédentes. Conséquence, la facture reste toujours aussi salée pour les familles et la classe moyenne. Ce sondage ne renforce donc pas la crédibilité des assureurs dont l’image est déjà mise à mal.
Par contre ce qui surprend, c’est le score serré sur la caisse unique dont le concept sera soumis en votation populaire en mars. 44% de non contre 38% de oui. Un signal que Santésuisse doit prendre au sérieux. Malgré son matraquage, la population hésite. Surtout que de plus en plus de médecins se rallient à ce système.
Si les assureurs veulent faire sombrer la caisse unique, ils devront eux aussi donner des garanties, montrer davantage de transparence. La diminution des coûts de la santé passe aussi par une baisse de leurs frais administratifs. Ces efforts seront plus convaincants qu’un vague sondage.
Anne Dousse

