Les caisses maladie sur la sellette
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Mercredi 29 novembre 2006
On leur prête tous les pouvoirs sous la Coupole, où elles comptent de nombreux représentants. Les caisses se retrouvent sur la défensive face à l’initiative «pour une caisse unique et sociale» sur laquelle on votera en mars. Hier, la droite a lancé la campagne.
Au 1er janvier 2006, il y avait 87 caisses maladie actives dans le domaine de l’assurance de base. C’est dix fois moins qu’en 1960. Mais c’est encore trop, estiment la plupart des analystes qui prédisent une poursuite du processus de concentration. Même si cette diversité est trompeuse: déjà à l’heure actuelle, 17 caisses comptant plus de 100000 assurés se partagent 85% du marché.
La plupart sont actives à la fois dans le domaine de l’assurance privée (complémentaires) et dans celui de l’assurance de base. Dans ce dernier, elles doivent offrir les mêmes prestations et accepter tous les assurés. Ce qui limite la concurrence entre elles à deux domaines: la compression des frais administratifs et – c’est un des reproches qui leur est fait – l’acquisition de bons risques. Regroupées dans l’association faîtière Santésuisse, les caisses sont divisées entre elles sur l’opportunité de contrecarrer cette deuxième forme de concurrence par un affinement des mécanismes de compensation des risques.
Les caisses disposent de l’essentiel des données pertinentes en matière de santé. En outre, plusieurs acteurs politiques importants siègent dans les organes dirigeants de l’une ou l’autre d’entre elles. Cela leur attire le reproche de s’être taillé une position privilégiée et les réformes lancées par le Conseil fédéral pour augmenter la part de la concurrence sur le marché de l’assurance de base butent sur le refus des autres partenaires – cantons et médecins notamment, de leur céder encore du terrain. La campagne qui s’ouvre en vue de la votation agendée en mars sur une caisse maladie unique fera sans doute la part belle à ces reproches.
Sylvie Arsever

