Caisse unique «trompeuse»

Mercredi 29 novembre 2006
Santé · Le comité bourgeois contre l’initiative «caisse unique» lance la campagne. Selon lui, le projet est trompeur: aucun problème de l’assurance maladie ne serait résolu, au contraire.
Le peuple tranchera le 11 mars prochain: le Mouvement populaire des familles, avec l’ensemble de la gauche, propose de passer à une seule caisse-maladie, ainsi que de calculer chaque prime en fonction du revenu. Le comité d’initiative entend éviter le gaspillage qu’entraîne la «fausse concurrence» qui sévit dans le domaine de l’assurance maladie.
Classe moyenne écrasée
Le comité d’opposition, lui, s’intitule «Non à une dangereuse illusion»: selon lui, l’instauration d’une caisse unique coûterait plus cher, ne servirait pas les intérêts des assurés et conduirait directement à une médecine à deux vitesses. Notamment parce que, en situation de monopole, la caisse unique ne subirait plus aucune incitation à modérer les coûts.
Le conseiller national Andreas Zeller, radical saint-gallois, s’en prend au système de la prime selon le revenu. Il impliquerait l’introduction d’un impôt qui écraserait la classe moyenne et supprimerait l’incitation à moins consommer que permettent les franchises à option. Mieux vaut conserver la prime actuelle, avec les réductions pour revenus modestes.
Mort de l’innovation
Pour sa collègue Martine Brunschwig Graf, libérale genevoise, les négociations actuelles entre caisses-maladie et prestataires de soins (médecins, hôpitaux) garantissent la recherche des meilleurs prix. Non seulement cet élément tomberait, mais avec lui les solutions originales visant à réduire les primes, comme les réseaux de santé ou les franchises.
Le conseiller national Hansjörg Hassler, démocrate du centre grison, se demande comment se déroulerait le changement de système. Qu’il s’agisse du transfert des actifs et passifs des caisses actuelles, de leur indemnisation, ou du sort de leurs 10 000 collaborateurs. Il est clair selon lui que, durant des années, aucun investissement ne se fera dans la santé.
Une révision concrète
Face à autant d’incertitudes, la démocrate-chrétienne fribourgeoise Thérèse Meyer rappelle les avancées concrètes dans le cadre de la révision de l’assurance maladie: réforme du financement hospitalier, promotion des réseaux de soins, introduction de la carte d’assuré, réduction de moitié des primes pour enfants et jeunes de condition modeste.
La caisse unique, ajoute-t-elle, ne contribue en rien à limiter l’évolution des coûts: «Au contraire, avec la dilution de la responsabilité des assurés, ils augmenteront.»
La révision en cours de la LAMal, conclut-elle, s’attaque à la racine des problèmes diagnostiqués, pas seulement aux symptômes.
François Nussbaum

