L’insupportable Pascal Couchepin
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Jeudi 30 novembre 2006
BERNE Les radicaux ne supportent plus les excès d’humeur de leur conseiller fédéral. Ils l’accusent même de pactiser avec la gauche pour réaliser un bon score à la vice-présidence du Conseil fédéral.
Plus personne ne supporte Pascal Couchepin. A droite comme à gauche. Et même dans son entourage politique. «Un rien l’agace. Il arrive même à s’emporter quand au téléjournal on l’étiquette ministre de droite. Un comble pour un radical!» s’indigne cet apparatchik du parti. «C’est vrai. Le ministre de l’Intérieur est tendu, nerveux, fatigué. Facilement irritable», confirme le vice-président de l’UDC Yvan Perrin, qui n’a pas digéré les critiques du Valaisan à l’encontre de Christoph Blocher. Dimanche passé, il condamnait ouvertement l’idée préconisée par son ennemi zurichois de retirer aux auteurs de viols, la nationalité suisse.
Violente dispute
Le Valaisan a toujours eu un caractère bien trempé. Ses prises de position tranchées, ses attaques au vitriol ont bâti sa réputation de tueur. Mais aujourd’hui, Pascal Couchepin en fait trop. Les dernières séances de la Commission de la Sécurité sociale et de la santé du National se sont très mal passées. Des prises de bec sur l’assurance maladie et l’assurance invalidité (AI) se sont répétées, surtout avec les membres de son parti. La dernière en date: en pleine séance, devant tout le monde, le Valaisan s’en est méchamment pris à Felix Gutzwiller, le patron des radicaux à Berne. «C’était violent, raconte ce témoin socialiste. L’ambiance était détestable. Le problème est que Couchepin n’arrive pas à rallier à ses thèses son parti, qui préfère celles ultralibérales de l’UDC. »
Dossiers dans l’impasse
La tension est donc plus que jamais palpable. Et le Parti radical ne laisse plus rien passer. Cet été déjà, son président Fulvio Pelli, visait clairement le Valaisan en jugeant ses conseillers fédéraux trop vieux. Aujourd’hui, d’autres ironisent sur le fait que le ministre organise vendredi une conférence de presse sur le cinéma suisse, plutôt que de faire avancer les dossiers de l’AVS, de l’assurance maladie et de l’AI qui sont dans l’impasse. «Il ferait mieux d’apporter des solutions», tempête ce sénateur. Tandis que d’autres lui trouvent des excuses. «Pascal Couchepin est difficile, concède le Vaudois Yves Guisan, mais réaliste. »
L’angoisse des élections
Pourquoi tant d’irritation? Pour certains, elle provient de la guerre des nerfs à laquelle se livrent Pascal Couchepin et Christoph Blocher. «Notre ministre est le seul qui ose ouvertement lui tenir tête», souligne encore Yves Guisan.
D’autres invoquent la mauvaise posture dans laquelle le conseiller fédéral s’est mis, en faisant durer le suspense sur sa candidature aux prochaines élections fédérales de 2007. En simulant ses intentions, il s’expose à la curiosité et à la suspicion des politiques, comme des médias.
Enfin, son élection le mois prochain à la vice-présidence du Conseil fédéral angoisse Pascal Couchepin (voire encadré). Plusieurs radicaux le soupçonnent de vouloir réaliser le meilleur score possible. Juste par coquetterie. «Sur le financement de l’AI, il fricote avec la gauche pour s’attirer des sympathies! s’étrangle ce radical. Tout comme la plupart de ses collègues, ce parlementaire témoigne sous couvert de l’anonymat. Ce qui en dit long sur les craintes que suscite le terrible Pascal Couchepin.
Anne Dousse
Nathalie Ducommun

