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Grève à la policlinique de gériatrie


Vendredi 15 décembre 2006

Les employés de la «Poliger[1]» ont cessé le travail, hier, entre 13h et 17h, afin de s’opposer à leur déménagement. Hormis les personnes en congé et celles qui sont tenues d’assurer le service minimum, «tout le monde (une trentaine sur cinquante-six, ndlr) a participé au mouvement», affirme Judith Perez, infirmière syndiquée au SIT.
La direction des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) a décidé de fermer la policlinique de gériatrie de la rue des Bains, dans le centre-ville, pour économiser les 400000 francs de loyer exigés par une régie de la place.
Personnel et syndicats ne contestent pas la nécessité de trouver un lieu meilleur marché, comme l’hôpital cantonal. En revanche, ils s’opposent à leur transfert à l’hôpital de Loëx, situé au diable Vauvert.
Les soins prodigués à la Poliger sont particuliers, insiste Mme Perez. Ils s’adressent à des «personnes très âgées, très fragilisées, souvent gravement atteintes dans leur santé physique et parfois mentale». Elles seraient plus de cinq cents chaque année à être hospitalisées à la rue des Bains, pour des séjours de quelques jours. Manuela Cattani, du SIT, ajoute que les cabinets privés n’arrivent pas à prendre en charge des patients aussi lourds. La Poliger apparaît dès lors comme la condition sine qua non à leur maintien à domicile.
Mais le déplacement de la structure en périphérie de la ville remet en question le concept même de soins à domicile sur lequel repose l’unité de soins, relève la syndicaliste. Peu mobiles, nombre de patients risqueraient de renoncer à faire le trajet jusqu’à Loëx. Avec les véhicules des HUG, cela prend jusqu’à une heure et demie, précise Mme Perez. A terme, les employés – qui déplorent n’avoir jamais été consultés par la direction – craignent un démantèlement pur et simple. Quand bien même «Genève est pionnière en matière de prise en charge globale des personnes âgées».

Philippe Chevalier 

Note : [1]Policlinique de gériatrie du Département de médecine communautaire des HUG.