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Courriers de lecteurs : Caisse unique


Jeudi 25 janvier 2007

Caisses-maladie: statu quo attractif?

Duillier, le 22 janvier. — Que dire et que penser des propos virulents de notre conseiller fédéral Couchepin à l’encontre de la votation sur la caisse unique? Le monstre apocalyptique ingérable, les hausses programmées pour la classe moyenne… tient donc! Celle-ci représentant la majorité du corps électoral, il est toujours bon de semer le doute! Je ne dénie pas le droit de défendre un point de vue, mais prétendre haut et fort que seul Ses chiffres sont justes et que ceux des initiants sont systématiquement faux relève de la suffisance, pour ne pas dire plus. D’autant plus que si la vérité de référence est celle distillée par les caisses maladie et «Santé Suisse» on peut, à juste titre, s’inquiéter sérieusement!

Comment se fait-il que l’intérêt pour l’assurance de base qui ne devrait pas être une source d’enrichissement pour nos assureurs devienne soudain aussi important à leurs yeux? Pourquoi, sachant que le système actuel ne convient plus, les adversaires de l’initiative n’ont, à aucun moment, proposé une solution de rechange qui puisse être prise en compte? Le statu quo est il à ce point attractif pour satisfaire les actionnaires et autre intervenants qui gravitent autour de «Santé Suisse»? Les promesses de stabilisation des primes pour les années à venir sont, elles aussi, un miroir aux alouettes, en cas de rejet de l’initiative, le contraire sera très rapidement de mise avec des arguments irréfutables et, à ce moment les impossibilités de prédire l’avenir en matière d’assurance redeviendront à la mode du jour.

Eric Miéville

La caisse unique, une dangereuse initiative

Genève, le 23 janvier. — Dans la Tribune de Genève du 20 janvier dernier, Mme Maria Roth Bernasconi, conseillère nationale socialiste genevoise, se prononce en faveur de la caisse maladie unique. Dans son plaidoyer, elle affirme que cette caisse unique «permettra une planification médicale pour l’ensemble de la Suisse». Elle affirme aussi qu’une caisse unique «aura plus de poids lorsqu’il s’agira d’obtenir de meilleurs tarifs que les 87 caisses réparties en Suisse».

Mme Roth Bernasconi confirme ainsi que la caisse unique entraînera une forme d’étatisation de la médecine, avec toutes les graves conséquences qui en découleront pour les patients; elle confirme aussi que les prestataires de soins (médecins, hôpitaux, etc. ) seront soumis à des pressions bien plus fortes que ce n’est le cas actuellement.

En outre, les coûts de la santé ne seront nullement allégés, puisque Mme Roth Bernasconi insiste sur le fait que la caisse unique devra reprendre la liste intégrale des prestations de l’assurance de base de 2003, soit également les médecines complémentaires. Quant aux frais administratifs, ils risquent eux aussi d’augmenter, à l’image de ceux de la Caisse fédérale d’accidents, la SUVA, qui sont plus élevés que ceux des caisses maladie.

L’augmentation prévisible des coûts de la santé menace donc d’aggraver l’endettement et/ou la fiscalité, les patients feront la queue pour toute consultation ou intervention et les médecins seront soumis à des pressions beaucoup plus fortes.

Ceux qui, parmi ces derniers, pensent voir dans la caisse unique une panacée à leurs problèmes se trompent lourdement. Il faut voter «non» à cette initiative extrêmement dangereuse pour le système suisse de santé.

Michel Barde
Direction de la Fédération de Entreprises Romandes, Genève

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Courriers de lecteurs : caisse unique


Jeudi 25 janvier 2007

Caisse unique: pourquoi effrayer les citoyens?

Les chiffres volent bas, écrivez-vous le 18 janvier. C’est surtout l’argumentation fournie par les opposants qui est d’une consternante médiocrité, allant de la fantaisie à la malhonnêteté intellectuelle. On prédit des déficits comparables à ceux de l’AI, on annonce une limitation de l’accès aux soins, on menace la classe moyenne de charges financières écrasantes. Le conseiller fédéral Couchepin annonce soudain, et pour autant que la caisse unique soit rejetée, une stabilisation à 2,2% de l’augmentation des coûts pour 2008 et 2009, alors que jusqu’ici il n’a jamais été possible de faire une prédiction si précise pour l’année en cours!

Le citoyen a de quoi être désorienté et il aura intérêt à lire le texte de l’initiative, puisqu’il est clair et bref. Il dit en substance qu’une caisse unique remplace les 87 caisses maladie actuelles et que le parlement doit légiférer pour régler le financement de la caisse, qui devra fixer les primes en fonction de la capacité économique des assurés.

Pourquoi les opposants portent-ils le débat uniquement sur le terrain des coûts de la caisse unique? Parce qu’ils ne veulent pas dire que le système actuel génère des bénéfices, qui ne servent pas à diminuer les primes de l’assuré. Ces bénéfices proviennent notamment des assurances complémentaires, que les caisses maladie proposent à tous leurs clients forcés de l’assurance de base. Si vous vous y intéressez, vous devez répondre à un questionnaire de santé, qui permet aux caisses de sélectionner les bons risques et de s’enrichir. Le système de santé continuera de coûter cher, mais la caisse unique, grâce à son conseil de surveillance, permettra de voir plus clair dans les flux financiers. Et même, peut-être, de faire des économies…

Gérard Wagner, Lausanne

Chiffres de la santé: des précisions s’imposent

Contrairement à ce qu’affirme Pierre-Marcel Revaz, directeur du groupe Mutuel, dans son interview sur la question de la caisse unique (LT du 20 janvier), selon lequel «l’Etat [réduira] les prestations, comme en France, où la sécurité sociale ne paie plus que 60% des coûts», les derniers chiffres publiés officiellement par l’INSEE montre qu’en 2005 la sécurité sociale a payé 77,1% des coûts globaux de la santé en France. [...] Tandis que, selon les chiffres de l’Office fédéral de la statistique, les assurances maladie suisses (LAMal) n’ont remboursé que 32,7% des coûts globaux de la santé en Suisse en 2004. [...]

Je ne puis contredire chacun de ses propos (comme les frais de fonctionnement qui représentent 5% de primes qui ont augmenté de 40% en 10 ans), ou en souligner les incohérences (comme facteurs de maîtrise des coûts, il ne cite que des décisions politiques et non des éléments novateurs qui auraient été apportés par les caisses maladie), mais j’invite à lire le rapport de l’OFS «Coût et financement du système de santé en 2004» pour se faire une meilleure idée de la réalité chiffrée.

Mathieu Capcarrère, Lausanne