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Les ados vaccinées contre le cancer du col de l’utérus


Vendredi 30 mars 2007

SANTE. La Commission fédérale pour les vaccinations en faveur d’une prophylaxie.

Chaque année en Suisse, 340 femmes développent un cancer du col de l’utérus, 5000 ont des lésions précancéreuses nécessitant un traitement chirurgical, et 90 décèdent. Ce cancer est dû à une infection causée par un virus, le papillomavirus humain ou HPV. Il existe un vaccin depuis 2006 (LT 10 06 06). Le Gardasil, commercialisé par Sanofi-Pasteur est disponible en Suisse depuis le début de l’année. Mercredi, la Commission fédérale pour les vaccinations a émis un préavis favorable sur cette immunisation. Une nouvelle d’importance et qui devrait logiquement aboutir à un remboursement par les assurances.

Démarche commune

La décision de la Commission montre que les HPV posent un problème de santé publique, puisque 70% des femmes sont infectées au cours de leur vie. Et le cancer du col de l’utérus est le second cancer le plus fréquent chez la femme. Mais rien n’est joué encore, le dossier étant dans les mains de l’Office fédéral de la santé publique. Les modalités de la vaccination doivent encore être finalisées et l’OFSP communiquera à ce sujet en juin.

«Nous nous inscrivons dans la même réflexion que les autres pays européens, puisque la France, l’Allemagne et l’Italie ont décidé de recommander ce vaccin et de le rembourser», explique Claire-Anne Siegrist, pédiatre et présidente de la Commission. «Il faut dire que le Gardasil a montré une efficacité de 100% et une tolérance excellente dans les études, poursuit-elle. Certains papillomavirus – il en existe de nombreux types – sont particulièrement agressifs, comme les HPV16 et 18. Ils provoquent des lésions précancéreuses, chez une femme sur quatre, quelques années après la contamination. Ce sont des femmes jeunes qui souffrent de lésions précancéreuses ou cancéreuses dues aux HPV 16 et 17. Et le vaccin est justement efficace contre ces virus-là. Par ailleurs, le vaccin protège également des verrues génitales, une affection très fréquente et très contagieuse, même si elle inquiète moins.»

Dès 12 ans en Italie

Les recommandations suisses pour ce vaccin sont encore en cours d’élaboration. Mais on sait qu’il concernera au premier chef les préadolescentes, puisque l’infection se produit par contact sexuel. L’Italie, selon une annonce parue dans la presse mercredi, a par exemple décidé de rembourser le vaccin pour les fillettes de 12 ans, de façon à ce que l’immunité soit acquise avant les premiers rapports. Passé cet âge, ce sera aux parents de prendre en charge les coûts.

Le vaccin est administré en trois doses sur une période de six mois. Il coûte environ 700 francs en tout. Un second vaccin du même type, produit par GlaxoSmithKline, est par ailleurs attendu pour cet été.

Marie-Christine Petit-Pierre