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Les cantons s’opposent au libre choix de l’hôpital proposé par les radicaux


Mardi 24 avril 2007

SANTÉ. Les patients devraient pouvoir choisir dans quel établissement ils seront hospitalisés, dans toute la Suisse et dans les pays voisins. Cette proposition radicale entraîne une levée de boucliers dans les cantons: trop cher, protestent les patrons de la Santé publique.

Un milliard 200 millions. C’est le montant de la facture qui serait présentée aux cantons si la proposition radicale était acceptée. Le PRD veut offrir à tous les patients le libre choix de l’établissement dans lequel ils seront hospitalisés. Et ceci dans l’ensemble de la Suisse, mais aussi dans les couronnes frontalières.

Les conseillers d’Etat en charge de la Santé publique sont farouchement opposés à ce projet. Ils se sont officiellement prononcés contre lui jeudi dernier. «Comment voulez-vous faire une planification hospitalière dans ces conditions?» argue Pierre-François Unger, patron du Département genevois de la santé. En effet, une personne contrainte de subir une intervention aurait le loisir de faire son shopping: où opère la star du pontage cardiaque? Quel hôpital est spécialisé dans le traitement du cancer du sein? Et élire ainsi le lieu de son hospitalisation. Un Vaudois pourrait se faire soigner aussi bien à Lugano qu’à Bâle, un Genevois à Annemasse comme à Aarau.

Transfert de charges

Mais la pilule la plus amère pour les directeurs cantonaux de la Santé est financière. «La libre circulation des patients entraînerait un transfert de charges considérable des assurances complémentaires vers les cantons, donc vers les contribuables», précise Pierre-François Unger. Actuellement, les frais induits par un séjour en clinique privée sont, à Genève notamment, couverts uniquement par l’assurance complémentaire. La proposition radicale contraindrait chaque patron de la Santé à reconnaître un certain nombre d’établissements privés, afin d’assurer les prestations nécessaires à la population. Et par conséquent de subventionner ces hôpitaux.

«Ce report est estimé à 1 milliard 200 millions de francs par an pour l’ensemble de la Suisse. A Genève, cela grèverait le budget de 100 millions. Impensable!» Ce d’autant que ce n’est pas l’assurance de base qui s’en trouverait allégée.

Cela ne froisse pas les radicaux. «Nous voulons appliquer le principe du cassis de Dijon au secteur hospitalier, car nous pensons qu’à terme, nous y gagnerons en qualité des soins et en maîtrise des coûts», résume le conseiller national Felix Gutzwiller. «Les Chambres ont déjà décidé du financement par cas et de l’établissement de critères de qualité. La libre circulation des patients vient compléter ce nouveau paysage du financement hospitalier. Elle est controversée et sera traitée en commission au mois de mai. » Sachant leur projet hué par les conseillers d’Etat en charge de la Santé, les radicaux ont choisi de lancer leur offensive via les parlements cantonaux, à Bâle, Berne, Zurich, Saint-Gall et en Argovie.

Pascale Zimmermann