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Les têtes de l’Hôpital partent à la retraite. L’hémorragie commence


Lundi 7 mai 2007

Changements. Cette année, douze chefs de service quitteront les HUG. Ils s’offrent un nouvel organigramme.

Jamais les Hôpitaux universitaires genevois (HUG) n’auront connu un tel chambardement. Tout d’abord, la plus grande entreprise du canton (10 000 employés) voit ses chefs de service partir les uns après les autres. Douze, sur septante, quitteront leur poste cette année et d’ici à 2012, une vingtaine de professeurs auront terminé leur carrière. Ensuite, les HUG, guidés par des impératifs économiques et d’efficience, achèvent la réorganisation des grandes unités. Enfin, contournant en quelque sorte l’échec du Rhuso (rapprochement hospitalier valdo-genevois), les deux cantons multiplient la création de centres médicaux romands. Etat des lieux avec Bernard Gruson, directeurgénéral des HUG.

2007 semble l’année de tous les dangers pour maintes raisons, à commencer par le départ massif d’une dizaine de professeurs.

Nous subissons l’effet du papy-boom; sur les dix départs, sept sont des mises à la retraite. Mais même si le nombre est exceptionnel, il n’y a pas péril en la demeure. La procédure de nomination, prévalant à l’Hôpital, nous permet en effet de recruter trois ans avant que le poste ne soit effectivement vacant.

Neurochirurgie, pédiatrie, médecine légale, gynécologie, gériatrie, médecine communautaire… Tous les services sont touchés. On est proche de l’hémorragie interne?

Certes, ces départs sont une perte pour notre établissement. Mais nous sommes contraints de respecter la législation suisse quoique nous pensions de sa pertinence. C’est d’ail-leurs en raison de la rigidité de la Loi sur le travail que certains spécialistes quittent Genève pour les Etats-Unis, où ils savent qu’ils pourront exercer jusqu’à 70 ans.

D’où vient la relève?

60% des postes sont repourvus à l’interne. Il faut dire aussi que nos candidatures sont ouvertes aux étrangers. Nous avons engagé un spécialiste allemand, deux Zurichois et un Vaudois.

Depuis quatre ans, la mise en commun des compétences valdo-genevoises s’accélère.

Après le Rhuso, qui préconisait la fusion, les deux gouvernements se sont mis d’accord pour développer ces regroupements de compétences en matière de médecine hautement spécialisée. Trois grands centres sont déjà opérationnels, soit la transplantation, la neurochirurgie et la centrale d’achats. Dans les trois ans à venir, deux à trois autres centres romands seront mis en place.

A combien se chiffrent les économies?

La seule opération chiffrée pour l’instant concerne la centrale d’achats qui a permis à Genève d’épargner 45 millions de francs. Mais le réseau transcantonal n’est pas dicté par le seul souci de rationalisation. Pour rester performants, les deux établissements doivent bénéficier d’un bassin de patients suffisant.

C’est par exemple une des raisons qui justifient que nous ayons fondé une unité pour la fécondation in vitro coiffant les deux cantons. En deçà de 200 à 300 fécondations par an, nos services perdent en qualité.

Depuis le 1er mai, la réorganisation interne de l’Hôpital sera effective. En quoi consiste- t-elle?

Il s’agissait d’agréger les unités aux départements adéquats (il y en a 12 au total). Ainsi, nous avons créé un Département de l’enfance et l’adolescence qui réunit toutes les pathologies, y compris la psychiatrie. Autre exemple, le Département de médecine communautaire, devenu Département de santé communautaire et premiers secours et chapeautant dorénavant les Urgences. Les laboratoires ont tous été placés dans le giron du Département de médecine génétique et laboratoires. Ce sont environ 1000 personnes qui sont affectées par cette réforme impliquant parfois un changement de site.

A côté des Départements, vous avez institué des centres qui rassemblent les grandes pathologies. A quelles fins?

Ce sont des centres transversaux multidisciplinaires. Ils sont aménagés par groupesde maladies. Ils ont pourvocation de définir une politique de soins commune,de donner des lignes conductrices et de définir des programmes de recherche. L’idée est que la trajectoire dupatient dans l’hôpital ne soit pas prétéritée par notre organisation. Cette répartition aura un impact économique, mais il n’est pas chiffrable aujourd’hui.

Anne-Muriel Brouet et Adélita Genoud