Les nouvelles maladies attaquent
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Vendredi, 24 août 2007
SANTÉ – La population mondiale est confrontée aux plus graves menaces de son histoire. L’OMS réclame des mesures. Et vite!
Jamais, au grand jamais, les nouvelles maladies infectieuses n’étaient apparues à un rythme aussi soutenu. Depuis 1967, pas moins de trente-neuf nouveaux agents pathogènes ont été identifiés, énumère à Genève l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Parmi eux: le virus du sida, les virus des fièvres hémorragiques d’Ebola et de Marbourg, le SRAS…
Ce n’est pas tout. Les nouveaux risques sanitaires n’incluent pas seulement les épidémies. Des maladies d’origine alimentaire, des accidents ou des attaques chimiques, biologiques ou nucléaires, la pollution industrielle et les changements climatiques «qui pourraient mettre en danger des millions de personnes dans plusieurs pays», sont récemment venues s’ajouter aux menaces sur la santé des habitants de la planète bleue, s’inquiète à Genève l’agence onusienne dans son rapport annuel publié hier.
Nouvelles maladies
Bref: «Chaque année, une nouvelle maladie fait son apparition, ce qui ne s’était jamais vu dans l’histoire», s’alarme Margaret Chan, la directrice générale de l’OMS. «L’accroissement démographique, le peuplement des territoires inhabités, l’agriculture intensive, la dégradation de l’environnement et l’utilisation malencontreuse des anti-infectieux ont bouleversé l’équilibre du monde microbien. » Par ailleurs, «notre relation au règne animal, nos voyages, notre comportement social et sexuel ont changé la nature de nos relations avec le monde des microbes», a expliqué devant les journalistes Mike Ryan, directeur du département alerte et action de l’OMS en cas d’épidémie et de pandémie. «Le résultat en est l’apparition de nouveaux agents pathogènes et leur dispersion à travers le monde» malgré une plus grande capacité à les identifier.
Risques sanitaires
Pire: les risques sanitaires sont désormais difficiles à limiter à un pays, mais se répandent rapidement dans le monde, notamment du fait de l’augmentation du trafic aérien et du commerce. «Les compagnies aériennes transportent désormais plus de 2 milliards de passagers par an, ce qui permet aux porteurs de maladie de les transférer d’un pays à l’autre en quelques heures», relève l’OMS.
Autant dire que, «compte tenu de la vulnérabilité à l’échelon planétaire aujourd’hui face à ces risques, l’amélioration de la sécurité passe par une solidarité mondiale», a déclaré le Dr Margaret Chan, directrice générale de l’OMS. Le libre accès aux connaissances, technologies et matériels divers, y compris les virus et autres échantillons biologiques, sont notamment «nécessaires pour assurer une sécurité mondiale optimale», souligne le rapport de l’OMS. Pourtant, celui-ci relève «l’insuffisance des investissements dans la santé publique en raison d’un faux sentiment de sécurité».
Que fait l’OMS?
L’OMS a introduit cette année un nouveau Règlement sanitaire international applicable à ses 193 Etats membres, qui prescrit la manière dont les pays doivent évaluer et notifier à l’organisation les urgences de santé publique de portée internationale.
L’organisation tente également d’améliorer la distribution de nouveaux médicaments dans les pays pauvres, après les récentes critiques de l’Indonésie. En décembre, Jakarta avait suspendu la transmission d’échantillons du virus de la grippe aviaire, pour dénoncer le fait que les pays pauvres fournissent gracieusement des virus à des laboratoires occidentaux et ne peuvent pas ensuite acheter leurs coûteux vaccins. AFP

