Couchepin fait son show
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Vendredi, 28 septembre 2007
L’événement
Pascal Couchepin est fier de lui. Et n’en a pas fait mystère, en annonçant la hausse très modérée de 0,5% en moyenne des primes d’assurance maladie 2008. S’il est venu commenter pour la première fois, depuis son entrée en fonction comme ministre de l’Intérieur, ces résultats d’ordinaire annoncés par ses fonctionnaires, le Valaisan entendait surtout présenter son bilan de patron de la Santé.
Un exposé politique que le radical a décliné, à trois semaines des élections fédérales, avec un «certain plaisir». «Durant l’actuelle législature, les primes ont moins augmenté que durant la précédente», a-t-il claironné. Respectivement de 3,8% en moyenne pour les années 2004 à 2007, contre 8,3% sous l’ère de sa prédécesseur à ce poste, la socialiste genevoise Ruth Dreifuss.
«Et arrêtez de répercuter l’idée que les hausses seront plus basses en 2008 parce qu’on a attaqué les réserves des caisses», a rajouté Pascal Couchepin, même si les socialistes, le PDC ou les cantons en doutent. Ces bas-de-laine seront certes moins élevés l’an prochain qu’à la fin de cette année, a-t-il dit. Mais ils seront tout de même «de l’ordre de 19%».
Pris entre le marteau et l’enclume
Au final, donc, pour le Valaisan, ces efforts sont davantage le fruit d’un «volontarisme payant» affiché en matière de santé depuis son arrivée en 2003 au Département fédéral de l’intérieur (DFI). Soit. Mais qu’en est-il vraiment, à l’heure où les caisses maladie avertissent que les primes pourraient reprendre l’ascenseur en 2009 (voir ci-contre)?
Des parlementaires aux cantons, on convient que le ministre est à la tête d’un département boulet. Difficile de contenter tout le monde. En ce sens, la stratégie de Couchepin de saucissonner la Loi sur l’assurance maladie (LAMal), après avoir essuyé un double refus du paquet au parlement, n’est pas contestée. «C’est le bon chemin», note la sénatrice Simonetta Sommaruga (PS/BE). Qui reconnaît également que «si beaucoup de ces projets traînent au National, on ne peut honnêtement pas dire que c’est de sa faute».
Autre défi: tant les cantons que les caisses, relayés au Conseil des Etats, veillent au grain, de peur de voir des baisses de coût se répercuter sur eux. Ainsi, le libre choix des hôpitaux dans toute la Suisse vient d’être restreint par les sénateurs. Plus tôt, en décembre, les Etats rabotaient les incitations à s’affilier aux réseaux de médecins, traitant chaque malade de manière globale. Difficile, là aussi, de mettre cela au compte du radical.
Mais l’indulgence de certains élus a des limites. Ainsi, Simonetta Sommaruga reproche notamment à Pascal Couchepin «de prendre trop de gants avec l’industrie pharmaceutique en matière de médicaments». Quant au président du groupe PDC aux Chambres Urs Schwaller, le ministre aurait pu faire des propositions plus audacieuses en matière de réseaux de soins ou de compensation des risques. «Et il n’aurait pas fallu intervenir dans les réserves des caisses», précise le Fribourgeois. Qui lui, en revanche, salue les efforts en matière de médicaments.
Valentine Zubler

