La radiographie médicale fait sa révolution informatique
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Lundi, 29 octobre 2007
MÉDECINE – L’hôpital d’Yverdon pilote une expérience de mise en ligne des images médicales.
Quand on parle de radiographie, l’image qui vient instantanément à l’esprit est celle d’un médecin regardant un cliché sur son négatoscope. Cette représentation est en passe de disparaître grâce à la numérisation des données, et au nouveau système d’archivage Picture Archiving and Communication System (PACS) testé à Yverdon, avant d’essaimer dans le reste du canton.
Sous cet acronyme barbare se cache la mise au point d’un système informatique complet, gérant la sauvegarde, la visualisation, le traitement et la distribution d’images médicales. En clair, il ne s’agit ni plus ni moins de la disparition des films au profit de l’écran d’ordinateur.
Que des avantages
Les avantages de cette méthode sont nombreux. L’abandon du film radiologique permet des économies non négligeables, puisqu’il est très coûteux (environ 5 francs par support). En outre, les espaces de stockage, qui représentent aujourd’hui une surface de quelque 100 m2pour le seul hôpital d’Yverdon, peuvent être fortement réduits, tout en diminuant la manutention. Mais c’est surtout au niveau de l’échange des données que les gains sont les plus remarquables. Le PACS permet surtout la mise en réseau des images.
En pratique, dès qu’une image radiologique est créée, elle est transférée sur un serveur situé dans l’hôpital. Un utilisateur ayant les droits obtient donc un accès à l’ensemble de la documentation sans avoir besoin de se déplacer et de courir le risque que les données ne se perdent, et cela quel que soit son poste de travail. «Grâce à ce système, il est également possible de manipuler les images en faisant notamment des zooms, ou en jouant avec la luminosité, comme sur un logiciel de traitement d’images», déclare le médecin-chef Michel Rossier. Pour le patient, cela signifie une quantité moindre de clichés radiographiques et par conséquent moins d’irradiation.
Enfin, pour les scanners ou les IRM qui prennent des images en 3D, cela signifie la possibilité de stocker des volumes pour pouvoir par la suite restituer des images dans n’importe quels plans de l’espace. On passe alors d’une image figée à une image dynamique. Pour parvenir à de telles performances, les équipements de prise d’images ont dû être modernisés.
La mise en place du système PACS coûte entre 2,5 et 3 millions de francs. Néanmoins, selon les études comparatives menées auprès de l’Hôpital de Winterthour – déjà équipé d’un système similaire – il ne faut que quatre ans pour que l’opération soit financièrement neutre grâce aux économies réalisées, notamment, sur les supports de films
THOMAS VON ALLMEN

