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Fumée passive: la bataille du 24 février a commencé


Mercredi, 19 décembre 2007

VOTATIONS Les partisans de l’interdiction ont lancé leur campagne. 


On vient de voter ce dimanche, mais qu’importe: la campagne pour la prochaine votation, celle du 24 février, est lancée. Des affiches pour l’initiative «fumée passive et santé» sont apparues sur les bus genevois. Des sportifs prêtent leur image à l’interdiction de fumer dans les lieux publics, y compris les cafés et restaurants.

Le Cipret, Centre d’information pour la prévention du tabagisme, est à l’origine des affiches. «Elles font partie de notre traditionnelle campagne de prévention de fin d’année», explique Jean-Charles Rielle, conseiller national socialiste et médecin-conseil du Cipret. Une seconde phase de campagne, avec un budget encore à préciser, sera présentée en janvier. «Le message est clair, indique Jean-Charles Rielle. Nous voulons dire que les gens ont le droit de ne plus être exposés à un produit toxique. »

Et en face? Les opposants à l’initiative feront-ils campagne publiquement pour le droit de fumer? La Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers ne l’a pas encore décidé. «Vous aimez recevoir des tomates, vous?» plaisante son vice-président, Jean-Luc Piguet. «Nous ne contestons pas les points de vue médicaux sur la fumée passive. Mais nous regrettons qu’il faille passer par une loi et par une interdiction de plus. On va enlever à une partie de la population la liberté de pouvoir fumer une cigarette en buvant un verre dans un café, ce qui fait partie des bons moments de la journée… Je m’attends à 70 ou 80% de oui. »

«Difficile de faire campagne pour le non»

Le Parti libéral recommande le non à l’initiative. «Nous n’en ferons sans doute pas autant que le Cipret, qui est financé par l’argent de l’Etat, explique le député Renaud Gautier, opposant résolu à l’initiative. J’espère que nous arriverons à élargir le débat à la question des libertés individuelles. Prenez l’exemple des caméras de surveillance: on nous dit que ça aide à combattre la délinquance. D’accord, mais jusqu’où est-on prêt à renoncer à nos libertés?»

«La liberté consiste d’abord à ne pas être dépendant d’un produit toxique», réplique Jean-Charles Rielle.

Comment «vendre» le non à l’initiative? «C’est évidemment plus difficile de faire campagne pour le droit de fumer», reconnaît le publicitaire Pedro Simko, de l’agence Saatchi & Saatchi Simko. «Mais on pourrait dire, par exemple, que la loi n’est pas une bonne solution, qu’il vaut mieux laisser faire le marché… Ce serait aussi difficile de trouver des gens qui acceptent de prendre parti publiquement contre l’initiative, d’apparaître sur des affiches. En tant que publicitaire, ce serait vraiment un défi intéressant!»
Frédéric Julliard