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Les psys romands fâchés contre SWICA


Jeudi, 20 décembre 2007

Les réductions accordées aux patients consultant certains médecins plutôt que d’autres ulcèrent 350 praticiens.


Trois cent cinquante psychiatres romands (genevois, vaudois et neuchâtelois) dénoncent «les pratiques nuisibles» de la caisse maladie SWICA. A l’origine de leur courroux, Le modèle d’assurance «Favorit Medica», qui offre aux assurés jusqu’à 15% de rabais sur leur prime s’ils consultent un médecin figurant sur une liste établie par la caisse. Or, la sélection se fonde sur «l’économicité» des médecins, c’est-à-dire le coût de leur traitement par patient.

Les psychiatres pointent un effet pervers: un médecin refusant de soigner des maladies graves sera considéré comme «économique et digne de figurer sur la liste». A l’inverse, le psychiatre prenant en charge des cas lourds sera jugé trop dispendieux et écarté de la liste. Le risque pour le patient, disent les médecins, est de devoir changer de psychiatre ou d’assurance au cas où leur pathologie deviendrait lourde. Pire, «sous l’apparente sélection des médecins économiques, ces modèles reviennent à exclure les assurés gravement atteints dans leur santé». Signe de leur désapprobation, 217 psychiatres genevois sur 297 ont refusé de figurer sur la liste en question, précise Luisa Jacot Des Combes, présidente du groupe des psychiatres.

Porte-parole de SWICA, Philipp Lutz se dit surpris par la méthode. Il trouve dommage qu’entre partenaires, on n’essaie pas de trouver des solutions avant d’alerter la presse. Sur le fond, il reconnaît que «l’économicité compte, mais les médecins sont toujours invités à expliquer leurs frais et chaque cas est examiné pour trouver une solution».
Sophie Davaris