< | >

Les espoirs que suscite la médecine régénérative


Vendredi, 18 janvier 2008

CHUV – Des professeurs venus de Paris, d’Italie et d’Israël ont présenté leurs expériences avec les cellules souches lors de la Journée de la recherche 2008, qui s’est tenue hier à Lausanne. 


«Il n’y a pas un aspect de la médecine qui n’est pas touché par les cellules souches et leurs potentialités», affirme le professeur Yann Barrandon. Titulaire de la chaire de dynamique des cellules souches créée en 2002 par la Faculté des sciences de la vie de l’EPFL, l’UNIL et le CHUV, le professeur est l’un des organisateurs de la Journée de la recherche qui s’est déroulée hier au CHUV sur le thème de la médecine régénérative.

Rappelons que les cellules souches, encore indifférenciées, ont la capacité de donner naissance à de nouvelles lignées cellulaires dans un tissu donné et de rétablir, c’est l’espoir, une fonction déficiente. Interview.

Qu’est-ce que la médecine régénérative?
C’est l’approche médicale par laquelle on cherche à régénérer une fonction déficiente par une manipulation des cellules. Elle n’est pas nouvelle. La transplantation de moelle osseuse, la réparation cutanée des grands brûlés, c’est de la médecine régénérative. Mais la montée en puissance de l’intérêt pour les cellules souches dope la recherche, et des institutions de médecine régénérative se créent partout dans le monde.

Que sait-on de plus aujourd’hui sur les cellules souches adultes que l’on peut prélever dans l’organisme?
Il y a dix ans, on pensait que c’était essentiellement dans la peau, le sang et l’intestin que résidaient des cellules souches. Aujourd’hui, on sait que les muscles, le cœur, le cerveau, le pancréas, entre autres, en abritent aussi. Mais où se trouvent-elles exactement, comment les manipuler, comment leur faire faire ce que l’on veut? Ces questions sont au cœur de la recherche.

Dans quels domaines observe-t-on des avancées?
Les professeurs Menasché, de Paris, et Gepstein, d’Haïfa, en Israël, ont évoqué leurs travaux avec des cellules souches musculaires adultes et des cellules souches embryonnaires pour améliorer la fonction cardiaque après un infarctus. Le professeur Jiulio Cossu, de Milan, a montré le rôle potentiel de cellules souches pour traiter la myopathie. A l’Hôpital ophtalmique de Lausanne, des essais sont menés visant à réparer les déficits de la cornée avec des cellules souches.

Existe-t-il des problèmes de rejet?
Bien sûr, c’est pourquoi l’idéal consiste à utiliser des cellules autologues, c’est-à-dire prélevées sur le patient lui-même.
FRANCINE BRUNSCHWIG