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Un site Internet pour comparer les hôpitaux


Vendredi, 18 janvier 2008

HÔPITAUX Les projets de comparaison des soins hospitaliers pullulent. Hier, H + présentait le sien. Mais certains réclament un organe neutre pour assurer ce service.


Un lieu, une pathologie à traiter, deux clics de souris. Bientôt, le sitede l’Association des hôpitaux de Suisse (H +) permettra, en entrant ces données, d’obtenir la listedes établissements prodiguant les soins désirés dans un rayon de25, 100, 500 km… Mais pas seulement, le classement comprendra aussi plusieurs indicateurs dequalité comme le taux d’infection, de complication, ou le niveau de satisfaction des patients.

D’ici le 1er avril, H + espère pouvoir mettre en ligne le nombre de cas similaires traités par l’hôpital. «C’est vraiment significatif, souligne son porte- parole Reinhard Voegele. Si un petit établissement n’accueille que deux naissances par année, on peut partir de l’idée qu’il n’a pas beaucoup d’expérience dans le domaine. » D’ici à 2010, ce sont quinze indicateurs qui devraient permettre d’établir le classement. Parallèlement, H + essaie de mettre en place une méthode standard pour évaluer la qualité des soins hospitaliers dans la jungle des données actuelles. Notamment en proposant un label unifié.

Un vrai mille-feuille
«Je trouve la volonté de transparence louable», commente Daniel Petitmermet, chef du Service de la stratégie qualité et organisation à la direction du CHUV. Mais selon le praticien, H + n’est pas l’entité la plus appropriée pour s’occuper de la question. «Pour faire un travail sérieux, l’organe compétent doit être neutre, poursuit-il. Le défaut de l’enquête Comparis (ndlr: une étude comparative mise en ligne cet été) était qu’on savait pertinemment qu’elle avait été réalisée avec le soutien financier, notamment, des caisses maladie. » Par ailleurs, Daniel Petitmermet estime que H + n’a pas l’expertise nécessaire pour traiter ces données éminemment complexes de manière scientifique. D’autres pays, explique-t-il, mandatent des agences nationales pour se charger de la mise en place et de l’exploitation de ce type de système. «Le problème, c’est qu’il y a beaucoup d’acteurs qui se positionnent. Pour nous, praticiens, c’est un vrai mille-feuille. J’ai le sentiment qu’il faudrait que quelqu’un prenne le leadership, et pour moi, ça devrait être la Confédération. Seulement, le Conseil fédéral est empêtré à cause des nombreuses compétences qui reviennent aux cantons. »
Drôle de coïncidence, l’Office fédéral de la santé (OFSP) a aussi présenté un projet de catalogue d’indicateurs de qualité, mardi dernier. Il faut dire que la Loi sur l’assurance maladie, entrée en vigueur en 1996, prévoit ce type de contrôle. Jusqu’à présent, la Confédération s’en était remise aux assureurs et aux cantons, «sans que cela ne produise l’effet escompté», relève l’OFSP. Et puis, en l’espace de quelques mois, les projets ont fleuri. «Depuis douze ans, personne n’a bougé», commente Reinhard Voegele, en comptant dans le lot son organisation.

Liberté de choix et DRG
Alors pourquoi cette soudaine bousculade? D’une part, les patients auront dès 2010 la liberté de choisir leur hôpital. Un outil comparatif efficace sera alors précieux. D’autre part, en 2011 probablement, la facturation en fonction du département où l’on est soigné et de la durée du séjour sera remplacée par une facturation en fonction du diagnostic (DRG), qui nécessitera «beaucoup de transparence et de comparabilité». Pour y arriver, la multiplication des projets n’est pas de très bon augure. «Celui de H + et le nôtre sont complémentaires», objecte Peter Indra, vice-directeur de l’OFSP. Les deux entités n’excluent pas de s’associer pour atteindre leur but.
Lucia Sillig