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Le petit cadeau des généralistes


Samedi, 29 mars 2008

POLITIQUE ET SANTÉ – Ce mardi, dans leurs cabinets, les médecins de famille parleront de la relation de confiance avec les malades. Ils inciteront aussi à voter non, le 1er juin prochain, au nouvel article constitutionnel sur l’assurance maladie.


Vous avez rendez-vous chez votre généraliste mardi prochain 1er avril? A la fin de la consultation, vous recevrez un petit cadeau. «C’est un geste symbolique pour dire merci à nos patients de la confiance qu’ils nous font. J’ai choisi d’offrir à chaque patient une rose», annonce le Dr Bernard Giorgis, généraliste et président de l’AMOV, l’Association des médecins omnipraticiens vaudois.

Dans toute la Suisse, le 1er avril est consacré Journée des médecins de famille depuis la grande manif qui, voilà deux ans, avait rassemblé près de 12 000 généralistes à Berne, venus défendre la pérennité de leur profession. Une étape charnière pour la corporation des omnipraticiens. Désormais, ils n’hésitent plus à parler politique au cabinet (lire ci-contre).

«Notre responsabilité»
«Dire ce que l’on pense et pourquoi nous nous battons relève de notre responsabilité corporative», argumente le Dr Bernard Giorgis. «D’ailleurs, les patients nous posent des questions. Si la population ne soutient pas la médecine de famille, celle-ci sera menacée. » Comme aux Etats-Unis, où les généralistes ont plus ou moins disparu et où, tout comme au Canada, on essaie de renverser la vapeur et d’en former à nouveau. «La spécialisation et la fragmentation des compétences sont incontournables. D’où l’importance du généraliste, seul à même d’avoir une vue d’ensemble, de coordonner les traitements et d’éviter les investigations inutiles. »

Inciter les étudiants en médecine à devenir généralistes ou internistes constitue l’un des enjeux essentiels pour éviter une pénurie programmée. «Les heures d’enseignement de médecine générale durant les études ont été augmentées, de même que la présence des étudiants dans les cabinets, notamment en dernière année, lors d’un stage d’un mois. Ce dernier deviendra obligatoire dès 2010», se félicite le Dr Bernard Giorgis.

Dans le canton de Vaud, la création de l’Institut universitaire de médecine générale (UMG), en septembre dernier, valorise le statut académique de la médecine générale et favorise la recherche. L’UMG est financé en grande partie par le Département vaudois de la santé, dont l’une des missions consiste à assurer une offre de soins de qualité et donc, sur le long terme, une présence suffisante de généralistes aux quatre coins du canton.

La campagne s’annonce vive
Outre le cadeau et le plaidoyer pour la relation personnelle qui, dans la durée, se tisse entre le patient et son médecin de famille, le généraliste distribuera aussi une feuille d’information. Elle incite à refuser, le 1er juin prochain, le nouvel article constitutionnel intitulé «Qualité et efficacité économique dans l’assurance maladie». La Fédération des médecins suisses (FMH), entre autres, rejette ce texte qui, dénonce- t-elle, menace la liberté de choisir son médecin et donne aux assureurs tout le pouvoir dans le domaine du financement des hôpitaux. La campagne autour de ce texte ne fait que commencer.

C’est pour éviter une pénurie de médecins de famille dans quinze ans que des mesures doivent être prises aujourd’hui pour assurer la relève. Dans le canton de Vaud, la moitié des 500 généralistes auront pris leur retraite en 2015.

Au plan suisse, on estime généralement que la répartition entre médecins de premier recours et spécialistes devrait être respectivement de 60% et de 40%. En 2006, la part des premiers était de 52%. «L’écart tend néanmoins à se creuser», lit-on dans un article paru dans le Bulletin des médecins suisses du 19 mars dernier. «L’accroissement des effectifs de médecins a été de 14,2% pour les spécialistes depuis 1998, alors qu’il n’a été que de 2,4%, au cours de la même période, pour les médecins de premier recours. »
F. BG