Les médecins défendent leur métier et le patient
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Samedi, 29 mars 2008
Les généralistes ouvrent les portes de leur cabinet le 1er avril. L’occasion de faire connaître leur métier et d’avertir le public des enjeux du vote du 1er juin.
Le 1er avril, de 10 heures à midi, 40 médecins de famille ouvriront la porte de leur cabinet. Pas pour consulter, mais pour évoquer leur métier avec le public et donner envie à la jeunesse de prendre la relève. Ce sera également l’occasion de lancer la campagne sur la votation du 1er juin.
Le médecin de famille? «C’est celui qui soigne aussi bien le bébé, le chômeur déprimé, l’ado qui s’interroge sur la sexualité et le centenaire. Il est le pilier du système de soins. » Les docteurs Brigitte Zirbs Savigny et Philippe Fontaine, respectivement interniste et généraliste, défendent un métier «fantastique et passionnant». En Suisse, le médecin de famille est très bien formé, disent-ils, et il doit le rester. «Or, Pascal Couchepin a le projet de limiter la formation des généralistes à trois ans. C’est inquiétant. »
La fin du libre choix
Autre crainte, ressentie par toutes les blouses blanches: la votation du 1er juin. «Nous allons combattre énergiquement l’article constitutionnel sur la qualité et l’efficacité économique dans l’assurance maladie», déclare Pierre-Alain Schneider, président de l’Association des médecins de Genève. «Ce texte est flou et ne dit rien d’important en apparence. Mais en se référant aux débats parlementaires, on comprend parfaitement qu’il s’agit de supprimer le libre choix du médecin. Or, pour nous, la concurrence doit être entre les mains du patient. A lui de dire si son médecin est bon ou mauvais. Si l’assureur décide, seuls les médecins bon marché seront choisis. » En conséquence, «nos confrères seront poussés à refuser les patients aux pathologies lourdes et les transféreront à l’hôpital», s’inquiète Brigitte Zirbs Savigny.
Les praticiens estiment que les coûts de la santé augmentent inexorablement avec les progrès scientifiques et l’allongement de la durée de la vie. «Le politique imagine qu’il peut les réduire par des mesures énergiques. Les assureurs maladie, extrêmement bien représentés au parlement, étouffent les autres voix», regrette Pierre-Alain Schneider.
«Le canton verserait 700 millions aux caisses»
L’autre conséquence d’un oui le 1er juin serait le financement moniste des hôpitaux. «Les cantons devraient reverser la subvention qu’ils allouent aux hôpitaux publics (700 millions à Genève) aux assureurs qui prendraient ainsi le contrôle du système de santé. »
Sophie Davaris

