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Une pionnière des soins à domicile s’est éteinte


Samedi, 26 avril 2008

Sous la direction de Denise Grandchamp, le Service des soins infirmiers à domicile de la Croix-Rouge genevoise est passé de douze infirmières à plus de cent soignants.


Une vieille dame modeste de Chêne-Bougeries s’en est allée jeudi, il y a dix jours, en toute discrétion. Agée de 89 ans, Denise Grandchamp a pourtant marqué de son empreinte les soins à domicile dans le canton. Elle a voué sa vie à l’action sociale et humanitaire aux quatre coins de Genève, ainsi qu’en France, en Algérie et au Togo.

Lorsque l’infirmière chênoise reprend en 1955 le service des soins infirmiers à domicile de la Croix-Rouge genevoise, appelé à l’époque le Centre d’hygiène social, l’Etat ne propose aucune assistance de ce type. Douze infirmières circulent à vélo pour soigner essentiellement des indigents. La philosophie de Denise Grandchamp peut se résumer ainsi: il est préférable de se rendre au chevet des patients pour qu’ils se rétablissent plutôt que de les interner dans des institutions. Sous sa direction, l’aide à domicile grossit. En vingt-trois ans, le service de la Croix-Rouge passe de douze à cinquante infirmières et cinquante aides soignantes. Denise Grandchamp développe aussi la physiothérapie pour les personnes à mobilité réduite, l’ergothérapie et la pédicure. Les soins à domicile reçoivent leurs premières subventions cantonales en 1956.

L’infirmière quitte la Croix-Rouge en 1978. Par la suite, elle continue à s’intéresser aux soins à domicile. En raison du vieillissement de la population et des besoins grandissants des personnes âgées, on se rend compte que le service de la Croix-Rouge n’est plus suffisant. Des synergies avec la Fédération genevoise du service d’aide familiale sont nécessaires et l’engagement de l’Etat doit devenir plus important. Denise Grandchamp participe à une commission consultative chapeautée par l’ancien conseiller d’Etat Guy-Olivier Segond. Le travail aboutit, en 1992, à une nouvelle loi sur l’aide à domicile, laquelle est bientôt regroupée au sein de la Fondation des services d’aide et de soins à domicile. En 1999, la Croix-Rouge cesse son programme dans ce domaine.

Dans les dernières années de sa vie, Denise Grandchamp a continué à impressionner son entourage par son optimisme et son souci des autres. Grande marcheuse, elle se baladait encore dans les Alpes jusqu’en 2006. Ses obsèques ont eu lieu lundi après-midi au temple de Cologny.
Jean-Yves Clémenzo

P.S. Madame Denise Grandchamp était membre d’honneur de la Société Médicale de Genève