Maillard et les milieux de la santé contre les assureurs
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Mercredi, 30 avril 2008
VOTATION – Après la gauche, le chef et les professionnels de la Santé fustigent le nouvel article constitutionnel sur l’assurance maladie.
Les Vaudois vont-ils accepter l’article constitutionnel intitulé «qualité et efficacité économique dans l’assurance maladie» le 1er juin prochain? Pas impossible, vu les 62% d’intention de vote favorable au niveau suisse, selon un sondage SSR paru en fin de semaine dernière. C’est bien parce qu’il a «senti que le peuple pourrait se laisser tromper» par un intitulé «cynique» que le chef de la Santé, Pierre-Yves Maillard, veut lancer le débat sur cet article contraire «à toute médecine démocratique» et «voulu par les seuls assureurs».
Contrairement à la votation sur la caisse unique, le conseiller d’Etat n’est pas seul. Représentants des médecins, pharmaciens, et autres milieux professionnels font bloc à ses côtés. C’est que l’enjeu est de taille: un oui le 1er juin signerait la fin du libre choix du médecin pour les patients et un pouvoir accru pour les caisses maladie, assure Pierre-Yves Maillard. Surtout, cela équivaudrait à la perte du contrôle démocratique sur 8 milliards, poursuit-il. Et de rappeler que tous les directeurs de la Santé, hormis une abstention grisonne, y sont opposés. «On a rarement vu une telle opposition institutionnelle», se réjouit-il, assurant que ses homologues alémaniques monteront eux aussi au front.
Un mois pour convaincre
Car le temps presse: il reste à peine un mois pour convaincre l’opinion de rejeter un article ficelé par les Chambres sans avoir consulté les milieux concernés. «Un comble», s’énerve la députée radicale et ancienne présidente de la Société vaudoise de pharmacie (SVPh) Christa Calpini, dont le parti cantonal, tout comme les libéraux, s’oppose au projet. Alors, pour tenter d’inverser la vapeur, le président de la Société vaudoise de médecine (SVM), Charles-Abram Favrod-Coune, brandit les résultats d’un sondage* réalisé auprès des assurés vaudois. Surprise: 64% d’entre eux changeraient de caisse maladie pour suivre leur médecin, si celui-ci n’était plus remboursé. Mieux: 80% des Vaudois – dont 61% tout à fait et 19% assez – sont défavorables à l’idée qu’une assurance puisse arrêter de rembourser un médecin qu’elle estime trop cher, indépendamment de la qualité des soins prodigués.
Mardi prochain, ce sera au tour de Pascal Broulis et de la présidente du Grand Conseil, Anne Baehler Bech, d’appeler à dire non le 1er juin.
VIVIANE MENÉTREY
Note:* Sondage réalisé auprès de 503 personnes par l’Institut M. I. S Trend.

