Tous les acteurs de la santé voteront non
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Mercredi, 30 avril 2008
Dans le canton de Vaud, tous les acteurs de la santé montent au front contre l’article constitutionnel sur l’assurance-maladie soumis au peuple le 1er juin. Le libre choix du patient et la qualité des soins seront mis en danger en cas de oui, avertissent-ils.
Médecins, pharmaciens, organisme de soins à domicile et hôpitaux: une large coalition de prestataires de soins vaudois rejette cet article, ont indiqué hier leurs représentants devant la presse. Les assureurs tiendraient seuls les cordons de la bourse. Ils auraient les pleins pouvoirs de sélectionner soignants et patients sur des critères uniquement économiques.
Les soins à domicile et les soins donnés en EMS ne seront plus automatiquement pris en charge, ont-ils averti. La porte serait alors grande ouverte pour un rationnement des soins et l’instauration d’une médecine à deux vitesses: seuls ceux qui auront les moyens de souscrire des assurances complémentaires pourront se faire rembourser les soins.
«Cet article vise clairement à supprimer l’obligation de contracter», a affirmé Charles-Abram Favrod-Coune, président de la Société vaudoise de médecine (SVM). Or la liberté de choisir son médecin n’est pas un luxe mais la condition indispensable à l’établissement d’une relation thérapeutique saine, a-t-il souligné.
Selon un sondage réalisé début avril pour le compte de la SVM, deux tiers des assurés préféreraient changer de caisse-maladie plutôt que de médecin si celui-ci n’était plus remboursé. Seul un quart des assurés changeraient plutôt de médecin.
En outre, les patients choisissent un nouveau médecin sur des critères qualitatifs et non économiques. La rapidité pour obtenir un premier rendez-vous arrive en tête, suivie par la proximité du cabinet et par la recommandation d’un proche. Les caractéristiques du médecin lui-même – sexe, âge, langue – comptent étonnamment peu.
Cet article constitutionnel conduirait au démantèlement du système de santé suisse basé sur la solidarité, a affirmé Christa Calpini, membre du comité de la Société vaudoise de pharmacie (SVPh). La mise en concurrence des prestataires de soins est «une aberration» qui provoquera une hausse des coûts, pas une baisse. Il y a une semaine, médecins, infirmiers, pharmaciens, hôpitaux et EMS valaisans s’étaient également opposés à l’article constitutionnel mis en votation le 1er juin. L’avis des professionnels valaisans de la santé est partagé par le gouvernement cantonal.
ats

