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Un débat qui n’éclaircit pas les idées


Mercredi, 30 avril 2008

Assurance-maladie 


Le 1er juin prochain, les citoyens devront voter sur l’article constitutionnel «Qualité et efficacité économique dans l’assurance-maladie». Il s’agit d’un contre-projet à l’initiative élaborée – puis retirée – par l’UDC, intitulée «Pour la baisse des primes d’assurance-maladie dans l’assurance de base».

Le contre-projet sur lequel les Suisses devront se prononcer dans quelques semaines a été concocté par le parlement. Il a le soutien du Conseil fédéral. Lundi soir à Romont, quatre conseillers nationaux ont participé à un débat sur cet objet, animé par le rédacteur en chef de «La Liberté», Louis Ruffieux. Guy Parmelin, démocrate du centre vaudois et Claude Ruey, libéral vaudois, soutiennent ce contre-projet. La démocrate-chrétienne fribourgeoise Thérèse Meyer et le socialiste fribourgeois Jean-François Steiert y sont opposés.

Un premier tour de table a permis aux quelque nonante auditeurs présents de se rendre compte qu’ils allaient devoir s’accrocher pour saisir les tenants et aboutissants de cet objet. En préambule, Claude Ruey, ancien conseiller d’Etat vaudois en charge de la Santé ne l’a d’ailleurs pas caché: «Lorsque l’on parle du financement de la santé, on est toujours confronté à quelque chose de complexe. Et si les politiciens défendent les mêmes principes de qualité et d’économicité, ils arrivent pourtant à des conclusions différentes.»

Lundi soir, il a beaucoup été question du financement moniste des hôpitaux. Les opposants au contre-projet craignent ainsi que – si cet objet est accepté – les cantons ne doivent plus verser leur contribution directement aux structures hospitalières (ndlr: pour le canton de Fribourg, cela représente 250 mio par année) comme c’est actuellement le cas, mais directement aux assureurs. «Ce serait donner un trop grand pouvoir aux caisses-maladie», a martelé Thérèse Meyer.

De son côté, Jean-François Steiert soutient que cet article constitutionnel est mal ficelé. «On peut lui faire dire tout et son contraire», a-t-il prévenu. A ce sujet, Claude Ruey et Guy Parmelin reconnaissent que ce contre-projet a été élaboré dans l’urgence, et qu’il n’est donc pas parfait. «Son but est de donner une direction, et pas un programme détaillé. Nous devons aller vers plus de transparence au niveau du financement et vers plus de qualité de soins, avec une plus grande concurrence, donc vers un système plus libéral», a plaidé Claude Ruey.

Autant d’arguments qui ne semblent pas convaincre les cantons. A l’instar de Fribourg («LL» du 24 avril), 24 autres Directions de la santé ne veulent pas de ce contre-projet. «Tous les cantons refusent cet objet, à part un qui s’est abstenu», a rappelé Jean-François Steiert.

A la fin du débat, les simples citoyens ne semblaient pas beaucoup plus avancés. «Tout ça m’a l’air très compliqué. Quand je vois toutes les modifications que l’on veut apporter à l’actuel article constitutionnel, mon instinct m’indique de voter non», a ainsi confié l’un des spectateurs.
Aurélie Lebreau