L’arc lémanique au chevet des maladies négligées
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Jeudi, 29 mai 2008
CONFÉRENCE – Sous l’impulsion de la Lake Geneva Innovation Society, différents acteurs se sont réunis pour réfléchir à la façon de financer la recherche sur les maux qui «rapportent» peu.
Comme la perspective de bénéfices reste à ce jour le principal moteur dans le domaine de l’innovation pharmaceutique, les populations défavorisées sont bien souvent laissées démunies devant les maladies qui les touchent. Du coup, en réaction, certains pays, en Asie notamment, ont passé outre des brevets pour fabriquer des médicaments génériques distribués à prix quasi coûtant.
ONG, biotechs, pharmas
C’est pour tenter de trouver une solution à ce problème grandissant que la Lake Geneva Innovation Society (LGIS) organisait hier, à Genève, une rencontre entre les différents acteurs du domaine: organisations gouvernementales et non gouvernementales, entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques et milieux académiques.
Partenariats public-privé
«Depuis notre premier événement en 2004, nous avons pris conscience qu’il est important de favoriser les partenariats public-privé pour contribuer à l’amélioration de la santé globale», a souligné Anne Kato, professeur à l’Université de Genève et fondatrice de la LGIS, laquelle réunit les Universités de Lausanne et Genève, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne ainsi que les deux hôpitaux universitaires.
Une collaboration intercantonale également soulignée par le recteur genevois Jean-Dominique Vassalli: «L’arc lémanique offre un formidable potentiel dans le domaine des sciences de la vie. Il fait partie du groupe de tête européen en matière d’impacts de ses publications scientifiques aux côtés des universités de Cambridge, d’Oxford et de Stockholm. »
Bill Gates partenaire
Reste la question essentielle: comment faire profiter les pays défavorisés des innovations produites dans les milieux académiques? L’une des solutions passe par le travail de fondations comme Drugs for Neglected Diseases Initiative (DNDi), qui a établi son siège à Genève. «Nous faisons en quelque sorte l’interface entre les sources d’innovation et les entreprises pharmaceutiques qui, de plus en plus, développent des programmes dans le domaine des maladies négligées, explique Jean-François Alesandrini, directeur de la communication pour DNDi. Grâce à ce travail et à nos donateurs, le principal étant la Fondation Bill Gates, nous avons pu mettre sur le marché deux médicaments contre la malaria et nous avons plusieurs autres molécules en développement dans notre pipeline. »
Pour autant, ce modèle public-privé résistera-t-il à la crise que traversent les pharmas? En effet, ces dernières font face à plusieurs problèmes qui grèvent leurs perspectives futures de revenus: sévérité croissante des autorités de régulation, passage dans le domaine public de nombreux médicaments vedettes, innovations en baisse, pression des «génériqueurs».
«C’est vrai que ces entreprises connaissent certaines difficultés, admet Stéphanie Meredith, directeur de la Fédération internationale des associations et producteurs pharmaceutiques. Mais elles ont un grand intérêt à ces partenariats, notamment parce qu’ils leur permettent d’améliorer leur image aux yeux du public. »
PIERRE-YVES FREI

