Il meurt à 35 ans après avoir consulté trois médecins
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Lundi, 30 juin 2008
La mère de la victime porte plainte pour homicide par négligence contre les docteurs qui ont examiné son fils. La police a procédé à une perquisition.
«Regardez la photo de mon fils, dit Marie-José Hoffmann. C’était lors du mariage d’un de ses amis. L’été dernier. » Siamak est décédé le 20 mars d’une rupture d’anévrisme. Il avait 35 ans. Peu avant sa mort, l’habitant de Vandoeuvres avait pourtant alerté plusieurs médecins à la suite de fortes douleurs derrière la tête. «Personne n’a rien vu», déplore la mère qui vient de déposer une plainte contre trois docteurs pour homicide par négligence. A ses yeux, le drame aurait pu être évité. Une enquête a été ouverte.
Voici le récit, tel qu’il figure dans la dénonciation pénale de la plaignante. Le 11 mars, le patient, qui croit avoir une forte grippe «depuis deux ou trois semaines», va voir son médecin qui lui prescrit un médicament contre la sinusite. Mais sa nuque continue de le faire souffrir. La douleur se concentre derrière la tête entre les oreilles. Il supporte de moins en moins la voix de sa mère quand elle appelle les chiens.
Souffrances insupportables
Cette dernière trouve que l’état de son protégé se détériore. Le 17, elle contacte un service de médecins urgentistes. «Un docteur, qui l’a vu, m’a dit qu’il exagérait et qu’il devait consulter un psychiatre. C’est incroyable, alors qu’il était allongé sur le dos, Siamak ne pouvait même pas soulever la tête!» Trois jours plus tard, les souffrances deviennent insupportables. Un médecin indépendant passe à domicile. Il admet ne pas savoir de quoi souffre le patient. «Aucun examen complémentaire n’a été ordonné», s’étonne aujourd’hui Marie-José Hoffmann.
Le lendemain matin, elle se rend chez son fils, qui habite au troisième étage de la maison de famille, et découvre son corps. Sans vie. Diagnostic: une rupture d’anévrisme (lire ci-dessous). «Un examen rapide à l’hôpital aurait pu éviter que l’hémorragie entraîne le décès. Les médecins ont fait preuve d’une négligence coupable», prétend Marie-José Hoffmann.
«Il n’avait jamais été malade avant les faits»
Dans sa plainte, elle demande à la justice de faire la lumière sur les événements et appelle à procéder à la saisie des dossiers médicaux. Ce qui a été fait: «Une trentaine d’inspecteurs sont venus un jour chez nous», confirme Pierre Froidevaux, patron de SOS Médecins. Selon lui, la plaignante se méprend: «Elle croit avoir appelé SOS Médecins, elle a peut-être joint un concurrent. L’enquête permettra d’établir la réalité. »
Marie-José regarde la photo de son fils. Elle est inconsolable tout comme le meilleur ami de Siamak: «Dire qu’en dix-huit ans d’amitié, c’était la première fois qu’il était malade. Il faut maintenant que justice soit faite. »
Fedele Mendicino
L’anévrisme, une pathologie très grave
Pathologie extrêmement grave, l’anévrisme est une anomalie d’un vaisseau sanguin. Selon une étude, 2,7% de la population souffre de ce problème au niveau du crâne.
L’anévrisme se présente sous forme de bulle. Lorsqu’elle éclate survient alors la rupture, soit l’hémorragie et ses conséquences souvent dramatiques: 30% des patients qui font une rupture d’anévrisme meurent et un tiers restent handicapés en raison du manque d’oxygène dans le cerveau.
«Si on découvre l’anévrisme à temps on peut soit le traiter, soit simplement le surveiller, explique un spécialiste en neurochirurgie. Il est par exemple possible d’opérer en bouchant le vaisseau. »
Gare au tabac et au café!
Quelles en sont les causes? Elles sont génétiques dans 10% des cas. «Pour le reste, on sait que la consommation de tabac multiplie le risque par six. Le danger est également augmenté dès que l’on boit plus de cinq cafés par jour. »
Fedele Mendicino

