SOS Médecins attaque l’Association des médecins
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Lundi, 28 juillet 2008
Les deux services d’urgence à domicile en découdront devant la justice pour une affaire de concurrence déloyale.
Pour l’association mise en cause, SOS Médecins tente de faire disparaître la concurrence.
La guerre ne date pas d’hier. Mais ce mois-ci, SOS Médecins et son président, Pierre Froidevaux, ont décidé de traîner l’Association des médecins du canton de Genève (AMG) en justice. A première vue, la raison du litige semble anecdotique: «Lorsque l’on cherche nos coordonnées dans les annuaires ou sur Internet, on tombe avant tout sur le numéro de l’AMG, déplore Me Jacques Roulet, défenseur de SOS Médecins. Du coup, des patients croient avoir affaire à nous alors qu’ils sollicitent en fait le service d’urgence de l’AMG. Nous nous plaignons auprès d’eux depuis 2005. Mais ils n’ont pas bougé!» Résultat, l’avocat vient de déposer une action en cessation et interdiction de concurrence déloyale ainsi qu’en protection de raison de commerce auprès de la Cour de justice. Son but: interdire notamment à l’AMG d’utiliser le mot SOS. £
Ce sacré SOS!
En face, son président, Pierre-Alain Schneider, ne comprend pas les raisons de cette affaire qui lui paraît, dit-il, ridicule: «SOS Médecins n’a pas le monopole du mot SOS, non? Il ne peut garder ce terme comme on protège une marque. » Et de relever que lors d’une recherche avec SOS, on peut aussi trouver dans l’annuaire des entreprises comme SOS Boissons et SOS Animaux. «Il n’y a absolument rien d’abusif dans notre comportement. » Quant à la présumée concurrence déloyale, le médecin rappelle que les différents services d’urgence à domicile à Genève ne sont pas comparables en tant que tels: «Par exemple, nous n’intervenons pas la nuit, nous travaillons avec un réseau de médecins dont certains ont, par ailleurs, un cabinet. Monsieur Froidevaux tente simplement de faire disparaître le peu de concurrence qui existe dans ce secteur. Mais dans le fond, il n’y a pas de confusion possible avec notre système de garde de médecins. »
Persuadé du contraire, Pierre Froidevaux cite un exemple dans son action en justice: «Dès 2005, nous avons remarqué que des patients, qui se plaignaient des soins reçus, étaient convaincus à tort d’avoir fait appel à nous. Nous avons alors demandé à l’AMG de modifier son inscription dans les annuaires de Swisscom. » Sans succès. «A deux reprises au moins, nous avons été mis en accusation pour des actes commis en fait par des tiers. Les répercussions ont des conséquences sérieuses et dramatiques sur le crédit et l’image de SOS Médecins. » Parmi les dossiers pénaux dans lesquels SOS Médecins se dit injustement impliqué figure celui d’une mère de famille ayant appelé à plusieurs reprises des médecins d’urgence à domicile qui n’ont pas décelé un anévrisme chez son fils.
Ce dernier est décédé et la mère a récemment dénoncé les faits à la justice (lire nos éditions du 30 juin). «Ces interventions ont été prises en charge par des médecins pratiquant auprès d’autres organismes», assure Me Roulet. «Depuis des années, ni Swisscom ni l’AMG n’entreprennent des démarches pour démêler l’écheveau dans lequel nous nous retrouvons contre notre gré. » La balle est maintenant dans le camp de la Cour de justice.
Fedele Mendicino

