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On a réussi à «reprogrammer» certaines cellules du pancréas


Vendredi, 29 août 2008

Biologie ● Sur des souris, les chercheurs ont changé la fonction de certaines cellules du pancréas pour qu’elles produisent de l’insuline. 


Une équipe américaine a réussi à changer l’identité de cellules ordinaires du pancréas pour les transformer en un type plus rare de cellules produisant de l’insuline sur des souris, montre une étude publiée mercredi en ligne par la revue «Nature». Une percée qui pourrait à terme aider à la mise au point de nouveaux traitements contre diverses maladies.

Cette étude est la deuxième depuis un an à suggérer que les médecins pourraient un jour être capables d’utiliser les propres cellules de patients pour traiter une maladie ou une blessure sans avoir recours aux cellules souches prélevées sur des embryons. Elle constitue «un grand bond» dans le domaine de la reprogrammation des cellules, affirme John Gearhart, un expert de l’Université de Pennsylvanie, qui n’a pas participé aux travaux.

Sur des souris vivantes
L’expérience a été réalisée sur des souris vivantes et non pas in vitro, elle s’est avérée efficace et a été menée directement sans passer par un «intermédiaire» comme des cellules souches embryonnaires, explique M. Gearhart. Les cellules créées ont produit de l’insuline chez des souris diabétiques, mais insuffisamment toutefois pour les guérir. L’insuline est essentielle pour lutter contre le diabète, mais les implications de l’étude vont bien au-delà de la lutte contre cette maladie.

Si la viabilité de la technique est confirmée, elle pourrait conduire à des traitements innovants consistant par exemple à faire pousser de nouvelles cellules cardiaques après une crise cardiaque ou des cellules nerveuses pour des maladies comme celle de Parkinson. Douglas Melton, codirecteur de l’Institut des cellules souches de Harvard et chercheur à l’Institut médical Howard Hughes, qui publie l’étude avec des collègues, souligne toutefois que la procédure n’est pas encore prête pour une utilisation sur l’homme.

L’équipe de M. Melton est partie de cellules pancréatiques de souris qui produisent des enzymes utilisés dans la digestion pour les transformer en cellules «bêta» qui fabriquent de l’insuline.

Lors de l’expérience, les chercheurs ont détruit à l’aide d’un poison les cellules bêta naturellement présentes chez les souris, qui ont alors été atteintes de diabète. Ils leur ont ensuite injecté des virus dans le pancréas, qui ont délivré trois gènes contrôlant l’activité d’autres gènes.

Seulement trois jours plus tard, de nouvelles cellules sécrétant de l’insuline ont commencé à apparaître. Après une semaine, plus de 20% des cellules qui produisaient les enzymes ont commencé à fabriquer de l’insuline. Ce qui démontre l’effet «incroyablement efficace» de la technique, souligne Richard Insel, de la Fondation pour la recherche sur le diabète juvénile.
AP