Mal payée, la prise de sang au cabinet du médecin est menacée de mort
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Vendredi, 26 septembre 2008
FRONDE – Les médecins vaudois dénoncent un projet fédéral qui met en péril la viabilité des 550 laboratoires gérés par des praticiens installés.
Prise de sang, analyse d’urine, taux de cholestérol, etc. : près de 550 praticiens installés dans le canton de Vaud (médecins de premier recours dans leur majorité) disposent d’un laboratoire dans leur cabinet et y emploient près de 500 personnes (à temps complet ou partiel).
C’est un atout important pour une prise en charge optimum et le confort du patient. Mais la pérennité de ces laboratoires est aujourd’hui menacée par un projet fédéral (lire ci-contre). C’est du moins la conviction de la Société vaudoise de médecine (SVM) qui a lancé hier un cri d’alarme.
Licenciements
«Avec le modèle de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), qui prévoit une baisse drastique des prestations remboursées, nous évaluons à 40%, voire 50%, la diminution du chiffre d’affaires des cabinets concernés», ont dénoncé hier le Dr Jean-Pierre Pavillon, président de la SVM, et le Dr Jean-Philippe Grob, hématologue et membre du comité. Conséquence: les médecins renonceront au labo et devront licencier leur personnel. La totalité des médecins interrogés par la SVM envisagent, si le projet devait être adopté, de cesser l’activité de laboratoire. Cette dernière, compte tenu des investissements consentis (matériel, contrôles de qualité, personnel), ne serait plus rentable. «C’est aussi la profession d’assistante médicale qui est menacée», estime Pierre-André Repond, secrétaire général de la SVM.
Pour le Dr Jean-Philippe Grob, les prétendues économies n’en seront pas. «Le laboratoire au cabinet permet de disposer d’un diagnostic plus rapidement et d’adapter tout de suite le traitement. C’est primordial dans certaines situations. On peut d’ailleurs souvent éviter une hospitalisation d’urgence inutile. »
Quatre fois plus cher qu’en Allemagne
L’Association suisse des chefs de laboratoires d’analyses médicales (FAMH) dénonce aussi le projet. Vice-directeur de l’OFSP, Peter Indra justifie les nouveaux tarifs, élaborés avec un panel d’experts. «Les techniques de laboratoires se sont automatisées et les tarifs datent de quatorze ans. Ils sont en Suisse quatre à cinq fois plus élevés qu’en Allemagne ou en Autriche». Les médecins contestent la comparaison avec l’Allemagne où, disent-ils, on trouve surtout de grands laboratoires. Peter Indra estime que le projet maintient des tarifs qui couvrent les coûts réels. Selon l’OFSP, le potentiel d’économies est de 250 millions de francs. Pour la Société vaudoise de médecine, il s’agit d’une énième dégradation des conditions de travail des médecins généralistes. «La pénurie menace. On fait des discours de cantine pour revaloriser la médecine de famille mais, dans la pratique, on ne cesse de décourager les jeunes médecins à opter pour elle», s’insurge son président, le Dr Pavillon.
Trois francs pour une analyse de cholestérol
Les tarifs des analyses médicales ont subi une première baisse de 10% en 2006. Le projet contesté diminue le nombre de points pour la majorité des analyses, il en revalorise quelques autres mais qui ne sont pas couramment pratiquées. Il introduit une nouvelle taxe de prise en charge globale que peuvent facturer les labos (8 fr. pour ceux des cabinets, 24 fr. pour les autres). Quelques exemples:
ANALYSES CHIMIQUES COURANTES: – le tarif, actuellement de 8 à 11 fr. 80, passerait à 3 fr. (par ex. analyse du cholestérol).
CONTRÔLE ANTICOAGULATION: de 12 fr. 60 à 5 fr.
RECHERCHES DE STREPTOCOQUES
DU GR A: de 18 fr. à 8 fr.

