< | >

Lancement du dossier pharmaceutique

 
Samedi, 27 septembre 2008

Future Carte de santé 


Dès aujourd’hui, les pharmaciens de tout le pays sont incités à promouvoir, auprès de leur clientèle, l’ouverture de leur futur «dossier pharmaceutique». Ce dossier informatisé, qui sera stocké dans un serveur de la Coopérative professionnelle des pharmaciens suisses Ofac, cumulera les données de tous les médicaments reçus par le patient, qu’ils soient sous ordonnance ou en automédication. Les actes pharma- ceutiques, comme le remplacement d’un médicament original par un générique, y seront aussi inscrits.

Ainsi, le dossier pharmaceutique offrira une vision globale de l’historique médicamenteux du patient. Il permettra un suivi optimisé des traitements, en évitant par exemple les incompatibi- lités médicamenteuses, même si le patient s’approvisionne successivement dans diverses officines. Le développement du dossier pharmaceutique a été annoncé hier, à Genève, conjointement par la Société suisse des pharmaciens pharmaSuisse et par l’Ofac, dans le cadre du Forum Ofac 08, suivi par 400 professionnels de la santé. Il anticipe l’introduction de la future carte nationale d’assuré, qui sera distribuée par les caisses-maladie au courant de 2009 à tous les assurés du pays.

Cette carte à puce, au format d’une carte de crédit, comprendra prioritairement les données administratives du patient. Si la personne assurée le souhaite, elle pourra également comporter des données médicales: groupe sanguin, allergies, vaccinations ou encore maladies et séquelles d’accidents. Sur demande, les pharmaciens seront aussi autorisés à y enregistrer la médication. Mais, comme l’explique Jean-Luc Salomon, directeur général de l’Ofac, la carte servira alors plutôt de «sésame» pour des dossiers conservés dans des serveurs centraux. Une sécurité appréciable en cas de perte de la carte.

La carte d’assuré devrait simplifier les processus de facturation des soins, mais aussi, à terme, fournir de précieuses indications pour le diagnostic et le traitement lors de consultations ou en cas d’urgence. Il est en effet prévu qu’elle devienne, à l’horizon 2015, une véritable «carte de santé» donnant accès à l’ensemble du dossier médical du patient. Ce vaste projet, qui s’inscrit dans la stratégie nationale eHealth, suscite toutefois encore la controverse. La population suisse y est plutôt favorable, selon un rapport d’août dernier du Centre d’évaluation des choix technologiques TA-Swiss. En revanche, les organisations de protection des patients craignent pour la protection des données, notamment par rapport aux caisses-maladie.

Quant aux acteurs de la santé, ils sont eux-mêmes divisés. Pour les assureurs, le système permet une simplification administrative et une actualisation constante du dossier du patient. Pour la Fédération des médecins suisses, au contraire, la carte d’assuré n’est en l’état ni une simplification pour les médecins, ni un avantage pour les patients. Ces divergences d’opinions ont suscité un débat contrasté, hier, lors du Forum Ofac 08.
Pascal Fleury