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Un régulateur du poids caché dans les muscles


Mercredi, 29 octobre 2008

OBESITE. Des chercheurs ont découvert un mécanisme qui permet de brûler les graisses.


Comment se débarrasser des calories excédentaires lorsque l’on a trop mangé? Répondre à cette question permettrait de traiter les personnes souffrant d’obésité. Des équipes des Facultés de médecine de Genève et Pittsburgh viennent de publier des résultats allant dans ce sens dans la revue spécialisée Stem Cells. Ces travaux montrent qu’il y a, chez l’homme, des cellules souches localisées dans certains muscles susceptibles de générer des tissus adipeux bruns.

Graisses brunes
Des tissus adipeux bruns? Chez les mammifères il y a deux sortes de tissus adipeux: le blanc, ou tissu gras, qui stocke la graisse dans le corps, et le brun qui joue un rôle très actif dans la dépense d’énergie. Cette graisse a un rôle de régulateur des dépenses d’énergie, car elle utilise les acides gras comme un combustible. Elle permet aux rongeurs de se réchauffer lorsqu’il fait froid et de griller l’excédent calorique dû à une suralimentation. C’est aussi ce tissu adipeux brun qui sert de source d’énergie aux animaux qui hibernent.

Et l’homme? L’homme justement n’a plus cette graisse si pratique pour se débarrasser des calories excédentaires. Le nouveau-né possède encore cette graisse brune, probablement utile après la naissance pour une adaptation en douceur à la température de son nouveau milieu. Puis ces graisses très spécifiques disparaissent. En fait, contrairement à ce que l’on croyait, elles ne disparaissent pas complètement.

«Nous avons montré qu’il y avait des cellules souches de tissu adipeux brun dans les muscles squelettiques. Il est possible, in vitro, de transformer ces cellules souches en graisse brune. On pourrait le faire in vivo, par l’intermédiaire d’un médicament, ce qui nous rendrait semblables aux rongeurs. Nous pourrions brûler les graisses excédentaires», explique Jean-Paul Giacobino qui a dirigé l’étude.

Brûler sans bouger
Un médicament capable d’induire la formation de graisse brune permettrait en effet au patient de brûler ses graisses sans bouger le petit doigt. «Cela imiterait les effets de l’exercice physique», confirme le chercheur.

Dans le même temps, un groupe de chercheurs de Boston a montré, chez la souris, que les muscles squelettiques et le tissu adipeux brun avaient des cellules souches communes. Ils ont donc la même origine. Des résultats qui expliquent pourquoi l’équipe genevoise a trouvé des cellules souches d’adipocytes bruns dans le muscle humain.
Marie-Christine Petit-Pierre