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Sida – Un bilan contrasté


Jeudi, 27 novembre 2008

VIH. Entretien avec Peter Ghys, chef de division à ONUSIDA.

Quelle est la situation mondiale?
A ce jour 33 millions de personnes vivent avec le VIH, mais globalement la mortalité et le nombre d’infections diminuent. En Afrique subsaharienne, les comportements changent. Le premier rapport sexuel a tendance à se faire plus tard et l’utilisation de préservatifs se répand. En Europe de l’Ouest par contre, les infections (des homosexuels et des hétérosexuels) augmentent.

Quelle est la stratégie d’ONUSIDA pour pallier le manque de médicaments en Afrique subsaharienne?
Il n’y a pas d’équilibre entre les moyens à disposition et la vitesse de l’épidémie. La trithérapie coûte cher et le nombre de personnes sous traitement reste faible. Pour deux individus, on compte cinq nouvelles infections chaque année. Sans compter la question du personnel et des infrastructures médicales. Les structures y sont faibles et nous devons fournir un gros travail de soutien et de développement.

Comment expliquer que l’Afrique soit à ce point touchée par l’épidémie?
Le virus y est probablement né. Il y a aussi des facteurs comportementaux, comme la polygamie et la mobilité. La migration saisonnière pour des raisons professionnelles accroît le risque d’avoir des partenaires irréguliers. Cela dit, le taux d’infection varie. Au Sénégal, il est par exemple de 1% alors qu’il atteint 26% au Swaziland. Ces écarts restent encore inexpliqués.
Les écarts de soin aussi. Le Botswana par exemple, possède l’un des taux de couverture des traitements les plus élevés au monde, avec plus de 90%.
Oui, le président en personne en a fait une priorité. La volonté politique est primordiale. En l’absence de mesures et de leadership locaux, il est impossible qu’une réponse efficace se mette en place.
MICHAEL DE PASQUALE