Après le secteur bancaire, les caisses maladie plongent aussi
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Samedi, 20 décembre 2008
ASSURANCES Premier assureur maladie de Suisse, Helsana s’attend à une perte de 100 millions en 2008. Pas d’alarmisme dans la branche.
Les caisses maladie aussi?
Pour le premier assureur maladie de Suisse, Helsana, la crise financière est synonyme de chiffres rouges. «Effectivement, le déficit 2008 va tourner autour des 100 millions de francs», confirme ThomasLüthi, porte-parole d’Helsana. «Sans conséquences pour 2009, mais pour 2010, une augmentation des primes est prévue. » L’année dernière, en 2007, le groupe Helsana (cinq marques: Helsana, Progrès, Sansan, Avanex et Aerosana) avait bouclé sur un bénéfice de 95 millions (5,3 milliards de primes encaissés). Il compte 1,37 million d’assurés pour les prestations de base, dont 55 500 à Genève.
Situation tendue
Explications de ce mauvais résultat? «La crise des marchés financiers a une influence sur le revenu des investissements. De plus, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) nous contraint à baisser les réserves. » En effet, l’OFSP demande, à terme, un 10%. Helsana affiche un taux de réserve de 14%.
«La situation est tendue d’un point de vue général», confirme Nello Castelli, membre de la direction de santésuisse, l’organe faîtier des assurances. «Ces deux dernières années, l’augmentation des coûts de la santé a été plus forte que la progression des primes. Nous avons puisé dans les réserves. » Mais Nello Castelli rassure, hormis Helsana, aucune autre caisse maladie «n’a émis de signal d’alarme».
«Moins boursicoteurs»
CSS et Assura, autres grands de la région lémanique, confirment. Tous deux se disent moins touchés par la crise financière car moins «boursicoteurs». Selon santésuisse, la règle veut que les caisses ne placent que 15% de leurs investissements dans des produits boursiers. Helsana, elle, avoue un 19% en actions (suisses et étrangères).
La politique de placement des assurances maladie est réglementée par une ordonnance fédérale. Celle-ci précise que les caisses doivent «veiller à la sécurité financière et à une répartition équilibrée des risques, compte tenu d’un rendement approprié».
«Approprié»? Là est la question. Le vice-directeur de l’OFSP, Peter Indra, s’est dit préoccupé par les effets de la crise financière sur les caisses maladie, selon l’ATS. Mais l’OFSP table sur une compensation de ces pertes à court terme lorsque la Bourse reprendra des couleurs. Néanmoins, l’introduction d’un plafond pour les investissements en actions est à l’ordre du jour. Nombre de caisses, dont Helsana, «ne refusent pas a priori».
Xavier Alonso Berne

