Généralistes inquiets pour leur avenir
L’Express / L’Impartial
Samedi, 21 mars 2009
Les médecins généralistes neuchâtelois manifesteront leurs inquiétudes sur le sort de leur profession. Le 1er avril, ils le diront aux députés avant la session du Grand Conseil. Hier soir, les membres de la Société neuchâteloise de médecine (SNM) ont décidé de s’associer au mouvement de sensibilisation.
Les généralistes risquent de disparaître, faute de relève», s’émeut Stéphane Reymond. Ancien président de l’Association neuchâteloise des médecins omnipraticiens (ANMO), ce médecin établi aux Ponts-de-Martel est merveilleusement bien placé pour juger de la situation des généralistes de périphérie: bas revenus et nombre d’heures de travail insensé pour attirer de jeunes médecins en campagne. C’est cela que veulent dénoncer, le 1er avril, les médecins neuchâtelois. «Nous nous battons davantage pour la défense du généraliste que pour les tarifs des laboratoires», explique le praticien, tout en regrettant que le Conseil fédéral s’en prenne à leurs outils de travail.
Avec ses confrères de l’ANMO, de la SNM et leurs assistantes, ils le rappelleront aux députés avant le début de la prochaine session du Grand Conseil. Ce même 1er avril, les médecins – qui ne font pas grève – tiendront un stand au centre-ville de Neuchâtel. Mais sans défiler entre le Château et la zone piétonne. Car, relève le porte-parole de l’ANMO, «nous ne sommes pas dans la même situation que des chômeurs.»
Encore que l’aspect financier n’est pas le moindre des problèmes des généralistes de campagne, qui supportent des frais généraux plus importants que ceux que, par exemple, les cabinets de groupe installés dans les villes.
Certes la valeur point Tarmed est à 92 centimes dans le canton, contre 89,5 en moyenne suisse. Mais il grimpe à 98 dans le canton de Vaud, tandis que les impôts pèsent lourd pour les médecins neuchâtelois. Quant au salaire annuel médian des médecins neuchâtelois, il se situait à 131 600 francs en 2005 et à environ 120 000 francs pour les généralistes. «Soit un quart de moins que la moyenne suisse», relève encore Stéphane Reymond. Avec ses pairs, il demande aux politiciens de favoriser la formation des généralistes et leur installation. /STE
«Nous nous battons davantage pour la défense du généraliste que pour les tarifs des laboratoires»
Stéphane Reymond

