Faites la peau aux verrues!
Santé – Particulièrement contagieuses, les verrues empoisonnent la vie de 10% des gens. Et elles ont la peau dure.
Près de 10% des Suisses souffrent de verrues. Des excroissances, particulièrement disgracieuses, qui s’attrapent surtout dans des lieux chauds et humides, tels que piscines ou salles de sport. Et qui s’installent de préférence sur les mains et sous la plante des pieds. Une fois qu’elles sont là, difficile de s’en débarrasser. Voilà toutefois quelques moyens d’attaque.
1 Ne rien faire
C’est la solution la plus simple. Et elle fonctionne dans 50 à 70% des cas. Les verrues peuvent en effet durer des mois, voire des années et disparaître du jour au lendemain. Du coup, selon les dermatologues, il n’y a pas d’urgence à les traiter quand elles sont isolées. A moins qu’elles ne causent une réelle gêne esthétique ou des douleurs (notamment avec les verrues plantaires).
2 Les remèdes de grand-mère
Les résultats sont souvent étonnants. Et la majorité des dermatologues suggèrent d’en essayer… Parmi les trucs les plus utilisés: le lait de figue, l’ail, la sève de chélidoine, dont on badigeonne la verrue. Ou encore une pomme, dont on frotte une moitié sur l’excroissance, avant de l’enterrer dans sa totalité. Quand elle aura pourri, la verrue aura disparu… Autre alternative: le sparadrap que l’on place quotidiennement sur la verrue afin de ramollir la corne.
3 L’autosuggestion
Ça fonctionne très bien notamment avec les enfants. On peut, par exemple, imaginer que la verrue rapetisse, toujours plus. Et cela quelques minutes chaque jour. De fait, le facteur psychologique est important dans l’évolution des verrues. Il y a en effet un lien étroit entre l’état psychologique et le degré de résistance du système immunitaire (les verrues profitant d’une défaillance du système immunitaire pour s’installer).
4 L’hypnose
Selon différentes études, cette technique serait efficace dans 27% à 55% des cas. Les jeunes enfants réagissent, presque sans exception, de façon positive. Le résultat est moins spectaculaire avec les adultes.
5 L’homéopathie
Plusieurs études scientifiques ont été réalisées et aucune n’a donné de résultats concluants. Toutefois, l’homéopathie fonctionne chez certains. Quant aux médecins, ils ne découragent pas leurs patients qui veulent essayer…
6 Les verrucides
Il en existe toute une panoplie, avec ou sans ordonnance. Ces produits sont généralement préconisés par les médecins avant d’envisager un traitement. La plupart contiennent de l’acide salicylique, une substance qui détruit la corne, et non le virus. Il faut donc les associer au grattage répété des verrues, avec une râpe ou une lime.
7 L’azote liquide
Cette technique, qui se pratique en cabinet médical, consiste à brûler la verrue à froid pendant quelques secondes. C’est souvent un peu douloureux et cela nécessite généralement quelques séances. Toutefois, si après trois ou quatre tentatives la verrue résiste, il ne sert à rien de s’acharner. Taux de réussite de 70%.
8 La chirurgie
Aujourd’hui, on ne pratique quasi plus d’intervention chirurgicale sur les verrues. Le temps de cicatrisation étant trop long. La solution, quand une verrue résiste aux autres traitements, c’est le laser. Son impact ne dure que quelques minutes. Cela n’est pas très douloureux (imaginez un coup d’élastique). Deux à trois séances sont nécessaires. Mais là non plus le résultat n’est pas garanti: 70% de réussite.
Gare aux faiblesses
Les verrues sont dues à un virus très contagieux: le papillomavirus. En fait, celui-ci se décline sous une soixantaine de formes, qui sont responsables des différents types de verrues (plus ou moins résistantes).
Il suffit d’une petite lésion, même invisible, sur la peau pour être contaminé. Par exemple, en serrant la main de quelqu’un qui a des verrues ou en posant le pied sur des peaux mortes infectées, notamment sur le carrelage d’une piscine ou dans une salle de sport. Deux à six mois plus tard, la verrue peut apparaître.
Tout le monde n’a pas la même sensibilité aux verrues en raison d’un système immunitaire différent. Si notre système de défense est en forme, il neutralise le virus. S’il est affaibli, on risque d’être contaminé.
Pascale Bieri

