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La solidarité, une nécessité contre le H1N1

letemps.ch
Mercredi, 29 avril 2009

Les pays occidentaux sont le plus souvent bien préparés pour lutter contre la grippe porcine. Notamment avec des stocks d’antiviraux. Mais les pays en développement sont plus démunis. C’est pourtant là que tout se joue

Dans sa conférence de presse quotidienne, l’OMS a annoncé mardi 80 cas confirmés – dont 7 mortels au Mexique – de grippe porcine. Soit une augmentation de 7 cas par rapport au jour précédent. Il n’y a pas là une explosion qui justifierait le passage à un stade supérieur d’alerte sanitaire. Nous restons donc au stade 4.
C’est le moment où chacun fait l’évaluation de ses «munitions» pour combattre ou prévenir une éventuelle pandémie. Hormis la prévention ou les mesures d’isolement, il existe deux pistes: le vaccin et les antiviraux. Et la commissaire européenne à la Santé, Androulla Vassiliou, a déclaré mardi vouloir faire le point avec les principaux groupes pharmaceutiques sur les possibilités de riposte à la grippe porcine.
On sait que les antiviraux comme l’oseltamivir (Tamiflu de Roche) et le zanamivir (Relenza de GlaxoSmithKline) sont efficaces contre le virus. Les pays industrialisés en ont fait provision au moment de la menace de la grippe aviaire. La Suisse, par exemple, devrait pouvoir soigner 25% de sa population, la Grande-Bretagne 50%, l’Espagne 22%, la Suède 10 à 20%. Et les pays en développement? L’OMS va-t-elle jouer un rôle de régulateur, exiger une solidarité internationale?
«Les pays occidentaux ont tout intérêt à être solidaires, afin de contenir le plus possible l’épidémie. Mais le plus important actuellement, c’est que chaque pays ait un plan pour affronter la pandémie. En 2005, pour la grippe aviaire, plus d’une centaine de pays avaient un tel plan», remarque Fadela Chaib, à la communication de l’organisation.
Dans ces stratégies, les réserves d’antiviraux ont joué un rôle important. Mais les reconstituer prend du temps, il faut huit mois pour produire une dose de Tamiflu et Roche a diminué sa production après la fin de l’alerte de la grippe aviaire. Toutefois, la fabrication ne part pas de zéro, explique-t-on chez Roche. «Nous avons du stock et les réserves constituées en 2005 ne sont pas périmées, leur durée de vie est de cinq ans. Par ailleurs, ces médicaments ont été renouvelés lors des épidémies de grippe saisonnière. Cela nous permettra de réduire les délais de fabrication», explique Martina Rupp, à la communication. «En 2006, nous avions augmenté notre capacité de production de façon à pouvoir produire 400 millions de doses (ou de traitements complets, ndlr) par an, poursuit-elle. Actuellement, notre filiale mexicaine a fourni 400 000 traitements au gouvernement et nous allons leur envoyer un nouveau stock de la même importance.» Par ailleurs, Roche a autorisé une usine en Afrique du Sud, deux en Inde et une en Chine à fabriquer le médicament qui reste sous licence. Car son brevet court jusqu’en 2016.

GlaxoSmithKline, de son côté, a offert d’envoyer 100 000 traitements au Mexique. Et se met également sur les rangs pour la fabrication d’un candidat vaccin.
Le gouvernement mexicain affirme disposer d’un million de traitements, ce qui peut paraître dérisoire par rapport aux quelque 15 millions d’habitants que compte la capitale seule. L’OMS peut bien sûr choisir de miser ses réserves, soit 5 millions de doses en tout, sur ce pays. Mais seules 2 millions sont prévues pour les situations d’urgence. Et ces médicaments sont répartis dans six régions différentes. Quoi qu’il en soit, l’organisation est en contact avec quatre compagnies tant pour les antiviraux que pour les vaccins. Il s’agit de Baxter, Sanofi Pasteur, GlaxoSmithKline et Novartis, explique Nikki Shindo, virologue à l’OMS.

«Mais il faut aussi aider ce pays à améliorer son équipement, poursuit la spécialiste. Les laboratoires capables de faire les analyses pour détecter le virus de la grippe porcine nécessitent des appareils très onéreux. Mais ils permettent d’avoir un résultat en deux ou trois heures. Actuellement, le Mexique doit envoyer ses échantillons aux Etats-Unis ou au Canada.» Dans ce sens, l’offre de la Banque mondiale de prêter 205 millions de dollars au Mexique tombe à point. Quelque 25 millions seront consacrés à l’acquisition de médicaments et d’équipement médical. Et 180 millions à l’amélioration des infrastructures de santé.