Une pandémie changerait nos vies
Si la maladie se répand massivement en Suisse, notre quotidien s’en trouvera fortement bouleversé à tous les niveaux
Le Conseil fédéral est sur le qui-vive. En fonction de la propagation de la grippe porcine en Suisse, le gouvernement peut à tout moment exiger la mise en oeuvre de mesures drastiques par les cantons pour lutter contre la maladie. Si des dizaines de foyers de grippe porcine venaient à être identifiés en Suisse, notre quotidien s’en trouverait complètement bouleversé. Sortir de chez soi deviendrait un parcours du combattant pour éviter le satané virus. Sans compter que toute la société fonctionnerait au ralenti. Nous n’y sommes pas encore, certes, mais, dans le pire des scénarios, voici à quoi cela ressemblerait.
Les contacts sociaux devraient être réduits au strict minimum
Les personnes avides de contacts sociaux et peu solitaires seront mises à rude épreuve en cas de pandémie. Car la population, même celle qui n’aura pas contracté la maladie, sera appelée à réduire au minimum ses relations extérieures. Il ne faudra pas rester muré chez soi, mais presque. «Les réunions, les rendez-vous et de manière générale tout rassemblement seront fortement déconseillés. Ils pourront même être supprimés, voire interdits, selon la décision du Conseil fédéral», explique Virginie Masserey, responsable de la Section vaccinations à l’OFSP. Autrement dit, fini le cinéma, les matches de foot, les festivals. Et cela pendant plusieurs mois, car «une vague épidémique dure de dix à quinze semaines».
Les gens devraient porter un masque
Pour toutes les activités «vitales» (faire ses courses, aller au travail), l’OFSP recommandera fortement, voire exigera, le port d’un masque hygiénique. «Le masque permet d’éviter la propagation du virus, mais la protection n’est pas totale. Il doit être accompagné d’autres mesures», explique Virginie Masserey. Comme se laver les mains régulièrement. Par exemple, en rentrant de commissions. «Les gens devront maintenir une distance d’au moins un mètre avec les personnes environnantes.» Autrement dit, un casse-tête sans nom, quand on pense aux distances qui nous séparent du client précédant ou suivant dans les files d’attente. L’OFSP recommande, en cas de grave pandémie, de ne manipuler que les produits que l’on souhaite vraiment acheter.
Le travail chez soi serait privilégié
L’Etat ne pourra pas contraindre les entreprises à s’arrêter de travailler. Mais elles devront s’en tenir au service minimum. «Toutes les entreprises sont aujourd’hui préparées à ce type de scénario, explique Virginie Masserey. Le cas échéant, elles devront s’organiser pour trouver des solutions alternatives aux réunions en privilégiant le télétravail, les visioconférences et les échanges téléphoniques.» Quant aux employés qui devront se rendre au bureau, ils devront nettoyer leur place de travail régulièrement. De même que les surfaces servant à plusieurs personnes dans une journée. «La grippe porcine se transmet par gouttelettes. Dans l’air, elle se transmet si on se trouve à moins d’un mètre de distance d’une personne infectée. Mais les surfaces, sur lesquelles des gouttelettes ont été déposées, sont également des vecteurs du virus.» Lors de réunions indispensables, les employés devront éviter de se trouver trop proches les uns des autres.
Il faudrait éviter les transports publics
Les transports publics fonctionneront au ralenti et certains services de transports pourront être suspendus. Les usagers devront s’équiper d’un masque pour éviter la propagation du virus. Se déplacer avec son propre véhicule (voiture, vélo, moto) sera donc fortement conseillé.
Et faire ses paiements par Internet
Au plus fort de la pandémie, certains bureaux de poste et des guichets de banque pourront être fermés. «Il ne faudra s’y rendre qu’en cas d’absolue nécessité, car les files d’attente sont des lieux de propagation des virus», explique l’OFSP qui recommande aussi de grouper les achats. Autrement dit, mieux vaut être équipé d’un ordinateur connecté à Internet et être un adepte des courses en ligne et des paiements en ligne.
Elly Tzogalis

