< | >

La Fédération des EMS se bat pour rester incontournable

Tribune de Genève, tdg.ch
Vendredi, 29 mai 2009

La Fegems est bien vivante, malgré le projet de loi de François Longchamp qui snobe la faîtière des EMS.

De quoi sera fait l’avenir de la Fédération genevoise des établissements médico-sociaux (Fegems)? Aujourd’hui partenaire de l’Etat et acteur incontournable du secteur, la Fegems a été gommée du projet de loi de François Longchamp, actuellement étudié par le Grand Conseil. Hier, l’association tenait son assemblée générale. Elle en a profité pour présenter son travail à la presse et parler un peu de l’avenir.
«Le projet de loi ne mentionne plus la Fegems, contrairement à la législation actuelle, commente Neil Ankers, secrétaire général de la Fegems. Mais nous le prenons comme une opportunité de repenser notre rôle d’association faîtière.» Le 18 décembre, lors d’une précédente assemblée, tous les EMS ont du reste affirmé vouloir conserver une fédération forte. Et par conséquent maintenir une organisation en réseau.
Les jeux politiques sont toutefois loin d’être faits. Tout d’abord parce que le projet de loi a été très mal reçu par les députés (lire ci-contre). D’autre part parce qu’il n’est pas encore dit que la fédération ne demeure pas un partenaire important du Département de l’emploi et de la solidarité.

8e employeur du canton

De fait, le secteur des EMS n’est pas à proprement parler un poids plume. Avec leurs 3800 employés (pour 3482 lits), les 51 EMS du canton seraient même le huitième employeur du canton, selon Neil Ankers. Et l’avenir leur appartient, puisque la population en EMS pourrait presque doubler d’ici à vingt ans.
Bien entendu, tout cela coûte cher: 420 millions de francs par an. Des efforts de rationalisation ont été exigés des EMS. C’est ainsi que, depuis 2008 et sous l’impulsion de la Fegems, des établissements sont membres de la Centrale suisse d’achat des établissements sanitaires. Un achat groupé a permis d’économiser 94 000 francs.
«Le potentiel général d’économies est toutefois limité, insiste le secrétaire général. Et comme l’augmentation des recettes ne couvre pas totalement celle des coûts, cela va forcément à terme se ressentir sur la qualité des prestations. Cela peut être envisagé, mais doit être la conséquence d’une décision politique.»

Formation en péril

Un autre pan très important des activités de la faîtière est sa plate-forme de formation. Une mission elle aussi tributaire d’une aide publique. «Notre avenir dépend d’une reconnaissance par l’Etat de l’association faîtière», confirme Christine Serdaly, la responsable de cette plate-forme.
Et pour montrer l’énorme besoin en formation, elle souligne que la moitié des aides-soignantes sont non qualifiées. «Aujourd’hui, le profil des équipes est fragilisé, note Christine Serdaly. Le taux moyen d’infirmières est descendu à 30% environ. Aller en dessous, ce serait mettre en danger le fonctionnement des équipes.»
ÉRIC BUDRY

Loi sur les EMS: ça coince

François Longchamp devra-t-il battre en retraite? Car, le contesté projet de loi sur les EMS (la Tribune du 9 avril) continue à être égratigné par des députés de la Commission des affaires sociales du Grand Conseil, qui examinent le texte.
«Le magistrat radical sera bien obligé de faire des concessions, vu toutes les critiques émises. Aucune audition n’a été positive. Tout le secteur est opposé, qu’il s’agisse des directeurs d’EMS, de l’Association des parents et proches de résidants, sans oublier le corps médical et les syndicats», affirme Alain Charbonnier.
Qu’un socialiste soit aussi virulent en année électorale, passe encore. Mais les amis politiques de François ­Longchamp ne sont guère plus tendres. Et les élus de droite d’annoncer, en résumé, que si le Conseil d’Etat persiste à vouloir présenter le projet de loi actuel, il risque fort de ne pas trouver de majorité au Grand Conseil. «Mais François Longchamp devrait proposer des amendements la semaine prochaine», rassure un élu démocrate-chrétien. Au Département de la solidarité et de l’emploi, Bernard Favre relève que «le parlement est précisément là pour étudier, remettre en question, voire modifier les propositions du gouvernement.» 
Laurence Bézaguet