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Genève est en quête d’un médecin cantonal

Tribune de Genève, tdg.ch
Vendredi, 26 juin 2009

Après avoir vécu des années avec des médecins cantonaux délégués, l’Etat change un peu d’optique et cherche l’oiseau rare.

Ne demandez pasà la directrice générale de la Santé depuis quand Genève n’a pas de médecin cantonal, elle n’aime pas cette question. Pour Anne-Geneviève Bütikofer, elle n’a pas de sens puisque trois médecins cantonaux délégués remplissent les missions imparties à un médecin cantonal. La donne a toutefois changé récemment suite à une réorganisation. Et voilà Genève en quête de la perle rare: un médecin avec titre de spécialiste qui possède des compétences managériales.
En réalité, cela fait environ dix ans, depuis l’ère de Guy-Olivier Segond, que Genève n’a plus de toubib en chef. Dès 1998, et suite à des crises à répétition, l’organisation de ce qui s’appelait alors le Service du médecin cantonal a été chamboulée. En 2003, Pierre-François Unger, successeur de Guy-Olivier Segond, précisait à La Tribune: «La fonction de médecin cantonal n’a pas été supprimée, puisqu’elle est imposée par une loi fédérale. Mais elle comprenait trop de tâches pour être assumées par une seule personne. C’est pour cela qu’elles ont été réparties entre plusieurs médecins attachés à la direction générale de la Santé.»

Bras droit de la directrice

Ce système de médecins cantonaux délégués (épidémiologie, politique sanitaire et droits de pratique) est celui en place actuellement. Toutefois, depuis son arrivée à la tête de la direction générale de la Santé en avril 2008, Anne-Geneviève ­Bütikofer a entrepris une réorganisation de cette direction dont les missions ne cessent par ailleurs d’augmenter.
«Il faut bien comprendre que le rôle du médecin cantonal que nous cherchons ne sera plus le même que lorsqu’il était le directeur, explique Anne-Geneviève Bütikofer. Il sera un cadre supérieur, chargé de la politique sanitaire, et sera mon suppléant. Il supervisera notamment les médecins cantonaux délégués.» En somme un bras droit de la patronne, mais plus le chef comme c’est encore le cas, par exemple, en Valais.
«Notre objectif est simplement d’améliorer la qualité de notre travail en engageant un spécialiste du domaine, poursuit la directrice. Il y a aussi eu une opportunité puisque des postes étaient vacants.»

«Le plus vite possible»

La directrice a déjà reçu quelques dossiers, mais en accepterait volontiers d’autres. C’est que le profil de professionnel recherché est pointu et nécessite de nombreuses compétences.
Anne-Geneviève Bütikofer ne cache pas qu’elle est pressée: «Idéalement, je serais ravie de pouvoir accueillir quelqu’un cet automne, conclut-elle. Avant, ce serait encore mieux, mais pour le type de personne que nous recherchons, il y a normalement quelques mois de délai entre un emploi et un autre.»
ÉRIC BUDRY