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«La césarienne n’est pas un acte chirurgical anodin»

Le Courrier, Genève lecourrier.ch
Mardi, 28 juillet 2009

ACCOUCHEMENT – La césarienne élective double le risque de mortalité chez le nourrisson. Pourtant, les femmes y ont de plus en plus recours.

Le nombre de césariennes ne cesse d’augmenter. Selon une récente étude de chercheurs des Hôpitaux universitaires de Genève, portant sur plus de 55 000 naissances, le taux de césariennes est passé de 10% à 20% en vingt-deux ans. La même enquête révèle que la césarienne dite élec-tive (volontaire, ndlr) double le risque de mortalité du nouveau-né. Pour Liliane Maury Pasquier, présidente de la Fédération suisse des sages-femmes, de plus en plus de femmes ont recours à la césarienne car elle est rassurante. «On sait où, quand, et comment l’accouchement va se passer. Psychologiquement, cela aide beaucoup de femmes.» Pour la sage-femme, également conseillère aux Etats socialiste pour le canton de Genève, le facteur de la peur de la douleur entre aussi en compte: «Les femmes ont peur de souffrir énormément lors d’un accouchement par voie basse, une césarienne peut paraître la bonne alternative.»

Des médecins adeptes de la césarienne?
Viviane Luisier, présidente de la Fédération suisse des sages-femmes, section Genève pointe les médecins du doigt: «Si les femmes ont de plus en plus recours à la césarienne, c’est parce que les médecins leur mettent dans la tête que cette intervention revient au même qu’un accouchement par voie basse, alors que ce n’est pas le cas!».

Le respect de la femme et le droit de choisir, c’est justement ce qu’invoque un gynécologue vaudois membre du Groupement romand de la société des gynécologues suisses, souhaitant rester anonyme. Selon lui, on banalise l’accouchement par voie basse: «J’ai entendu des témoignages terribles d’accouchements par voie naturelle, mais ça on n’en parle pas.» Il maintient que dans la plupart des cas de césariennes électives, la femme demande d’elle-même l’opération. «Il n’y a pas qu’un seul profil de femmes. Il y a celles qui se sentent rassurées par une prise en charge opératoire. D’autres qui ont déjà vécu un accouchement difficile par voie naturelle et qui ne veulent pas revivre ça. Beaucoup ont également peur d’être déformées et d’abîmer leur périnée lors d’un accouchement classique.»

Pour Liliane Maury Pasquier, il ne s’agit pas de faire la critique de la césarienne ni des gynécologues. Elle souhaite simplement rappeler qu’il ne s’agit pas d’un acte anodin et qu’il faut plus d’information autour des risques liés à cet acte chirurgical.

Trouver des solutions
Pour cela, elle a déposé un postulat auprès du Conseil des Etats, qui a pris l’affaire au sérieux. «La balle est maintenant dans le camp du Conseil fédéral. J’espère pouvoir soumettre aux professionnels de la santé une ligne directrice ainsi que la création d’un fascicule d’informations pour les parents.» Concernant les risques pour le bébé, le médecin conteste le manque d’informations. «Aujourd’hui les femmes sont très bien informées, on fait remplir des papiers pour tout.»
VIRGINIE GERHARD