< | >

L’INQUIÉTUDE GRIMPE EN EUROPE


Jeudi, 30 juillet 2009

La pandémie de grippe A (H1N1) s’étend dans le monde et cela ne pourrait être qu’un début.

L‘OMS, par la voix de l’adjoint au directeur général, Keiji Fukuda, a annoncé le 24 juillet que 160 de ses 193 Etats membres étaient déjà touchés. Quatre mois après son apparition, la maladie aurait déjà affecté des centaines de milliers de personnes et provoqué 800 décès. Les prévisions, elles, sont plutôt alarmistes: l’OMS estime que dans les deux ans qui viennent, deux milliards de personnes pourraient souffrir de cette nouvelle grippe.

LES COMMENTAIRES
En Europe, c’est en Grande-Bretagne que la diffusion de la grippe A est la plus rapide avec 100 000 nouveaux cas diagnostiqués la semaine dernière. La panique gagne le pays et, dès sa mise en place par le gouvernement, le site d’information sur la maladie a reçu «2600 connections par seconde, soit 9,3 millions par heure», constate BBC News. Selon The Guardian, les autorités sanitaires s’inquiètent d’une «épidémie de panique», et craignent que «le NIH (le Service national de la santé) soit débordé par des hordes de personnes inutilement anxieuses». Pour l’Eglise d’Angleterre en tous cas, «la grippe A (H1N1) a eu raison de la tradition, écrit Le Monde. Les archevêques de Canterbury et de York ont recommandé aux 16 000 paroisses anglaises de suspendre l’usage du calice», qui passe de bouche en bouche lors de la communion. Une autre tradition religieuse sera d’ailleurs affectée: «les ministres arabes de la Santé se sont mis d’accord pour restreindre cette année les pèlerinages à La Mecque afin de limiter les risques d’expansion de l’épidémie», selon l’AFP.

La Suisse se prépare elle aussi à faire face à une pandémie qui «arrivera plus tôt que prévu», pronostique Le Temps. Dans ce concert d’inquiétude s’élève une voix discordante. Dans un entretien au Journal du Dimanche, le médecin français Bernard Debré qualifie cette maladie de «grippette» et reproche aux gouvernements d’avoir «succombé à une surmédiatisation politique de cet événement».
À SUIVRE

Les mois qui viennent diront qui aura eu raison. Pour l’Europe, l’épreuve de vérité viendra à partir de septembre.