< | >

Un prix pour avoir compris le parcours des toxines

Tribune de Genève, tdg.ch
Vendredi, 27 novembre 2009

La spécialiste des toxines de l’Institut de recherche en infectiologie de l’EPFL a reçu mardi, des mains de Didier Burkhalter, le Prix Marcel Benoist.

Pascal Couchepin le lui avait annoncé, Didier Burkhalter le lui aura remis. Mardi soir, la professeure Françoise Gisou van der Goot a été la première femme (depuis la création du prix, en 1920) à reçevoir, des mains du conseiller fédéral fraîchement élu, le prix Marcel Benoist, souvent surnommé le «Nobel suisse». C’est également la première fois que l’EPFL reçoit en solitaire ce prix, dont le comité d’évaluation est présidé par le chef du Département fédéral de l’Intérieur.
Cette distinction, qui s’assortit d’une gratification en espèces de 100 000 francs, vient récompenser ses travaux portant sur les protéines, et particulièrement les toxines, qui s’attaquent aux cellules de l’organisme.

Recherche fondamentale
La lauréate – de nationalité néerlandaise et titulaire d’un doctorat en biologie moléculaire de l’Université Paris VI – observe pour les comprendre le développement des infections. Et va voir de très près comment se comportent les toxines lorsqu’elles cherchent à pénétrer les cellules. «Ce sont des mécanismes très généraux; bien réussir à les cerner peut donc ouvrir d’autres champs d’investigation», explique-t-elle.
Au-delà de ces intrusions, Françoise Gisou van der Goot cherche également à comprendre de quelle manière les cellules réagissent à ces attaques. «C’est en quelque sorte le premier rempart de notre système immunitaire. Et un domaine de recherche assez nouveau, précise-t-elle. Cela ne fait qu’une dizaine d’années que les scientifiques y travaillent.»
Les applications médicales qui pourraient découler de ses travaux sont nombreuses, et peuvent toucher des domaines allant de la mucoviscidose aux intoxications par le bacille du charbon (anthrax). Pour autant, Françoise Gisou van der Goot tient à son statut de «chercheuse fondamentale». «C’est très bien si quelqu’un peut se servir de nos résultats, mais ce n’est pas notre but premier.»
Emmanuel Barraud