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Méfiez-vous des compléments alimentaires!


Lundi, 30 novembre 2009

Près d’une personne sur cinq prend des fortifiants et autres. Attention, ça peut être dangereux!

Ils sont partout, en pharmacies, en grandes surfaces… Mais gare! Les compléments alimentaires – qu’ils soient censés lutter contre la fatigue, donner un ventre plat ou booster le moral – ne seraient pas si anodins que ça. Une surconsommation pourrait même être dangereuse pour la santé. C’est en tout cas ce qu’affirme l’Afssa (l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments) qui vient de mettre en place, en France, un «dispositif national de vigilance». Alors, faut-il s’inquiéter?

C’est quoi un complément alimentaire?

Il s’agit d’une denrée alimentaire destinée à compléter un régime normal. Elle est constituée de vitamines, d’oligo-éléments, mais peut aussi comprendre des protéines, des fibres ou encore des plantes. Ces compléments se présentent sous forme de gélules, de pastilles, de poudre ou de pilules.

A quoi ça sert?

Il y a des compléments alimentaires pour presque tout… Pour retrouver du tonus, doper son intellect ou encore avoir de meilleures articulations. Efficace, pas efficace? Les études se contredisent.
Reste que la plupart des médecins et diététiciens estiment que ces produits sont superflus, voire inutiles lorsqu’on a une alimentation suffisamment diversifiée. «Tout est dans la nature», souligne le Dr Ries, diététicien à Genève.

Où sont les dangers?

On a longtemps entendu qu’absorber des vitamines dont on n’avait pas besoin était au pire inutile… Et que le corps éliminait le surplus. On sait aujourd’hui que les conséquences peuvent être plus problématiques… «Il ne faut pas jouer avec les compléments alimentaires. Si on prend, par exemple, un complément minceur, plus un complément spécial cheveux, plus un complément autre, on risque de dépasser les doses et de prendre des risques avec sa santé», assure le Dr Catherine Serfaty-Lacrosnière, nutritionniste à Paris.

Des risques, mais lesquels?

Selon Marc Mortureux, directeur général de l’Afssa: «Des accidents aigus graves ont été rapportés. Mais il est encore trop tôt, dit-il, pour certifier que les compléments utilisés sont les uniques responsables.»
Reste qu’on sait aujourd’hui qu’un excès de bêta-carotènes augmenterait le risque de cancer du poumon chez les fumeurs, alors qu’il était utilisé pour protéger du cancer. De même, les compléments à base d’extraits de thé vert ainsi qu’un excès de fer pourraient générer des atteintes au foie. Des interactions entre médicaments et compléments alimentaires ont aussi été signalées.

Les compléments sont-ils parfois nécessaires?

Absolument. Cela peut être le cas, par exemple, des femmes enceintes qui parfois manquent de fer (mais, attention, ce n’est pas une généralité). Les compléments peuvent également être nécessaires pour des personnes souffrant de certaines maladies, ou qui traversent des périodes de fatigue, de stress ou de surmenage. Ou encore pour ceux qui suivent des régimes restrictifs (végétarisme). Mais, là, mieux vaut en parler avec son médecin.
Pascale BIERI

Ça se chiffre 1 adulte sur 5 (1 enfant sur 10) consomme régulièrement des compléments alimentaires.
22 minéraux sont présents dans notre organisme. Les principaux sont le calcium, magnésium, fer, cuivre, zinc, sodium, potassium, phosphore, iode, manganèse, sélénium, chrome, molybdène, chlorure.
13 vitamines sont identifiées à ce jour; l’organisme sait produire 3 d’entre elles (vitamines A, D et K), les 10 autres ne sont fournies que par l’alimentation (E, B1, B2, B3, B5, B6, B8, B9, B12, C). Sachez que les déficits en micronutriments les plus fréquents sont ceux en fer, calcium, folates, magnésium et vitamine C.
Soyons raisonnables! Vous prenez de temps à autre, un tube de fortifiant? Pas de panique, assure Petra Meche, diététicienne à Genève. «Il n’y a aucun risque à prendre un emballage de vitamine C, si l’on a un coup de barrre. Ce qu’il faut éviter, c’est de prendre des compléments durant une trop longue période (plusieurs mois de suite) et, surtout, de cumuler les produits.»Le cas échéant, parlez-en avec votre médecin, qui pourra éventuellement vous faire un bilan sanguin, et vous prescrire précisément ce dont vous avez besoin. Autres choses importantes: respectez toujours les quantités indiquées sur les emballages et ne commandez pas vos produits sur Internet, car tout et n’importe quoi peut y être vendu sans aucun contrôle du contenu.