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Deux médecins licenciés chargent la direction d’Hôpital neuchâtelois

 Le Courrier, Genève lecourrier.ch
Samedi, 19 décembre 2009

SANTÉ • Giovanni Spoletini et Patrick Cornu dénoncent l’attitude autoritaire de l’état-major d’Hôpital neuchâtelois et l’accusent d’avoir caché des informations.
 

 

Après les attaques fin novembre du Parti socialiste neuchâtelois (PSN) contre la direction générale et le conseil d’administration d’Hôpital neuchâtelois (HNe), et la réplique d’HNe qui a suivi, c’est au tour de deux médecins cadres du service de gynécologie obstétrique de l’Hôpital de La Chaux-de-Fonds de donner publiquement leur vision sur le dossier hospitalier neuchâtelois.

Le rôle du rapport Antarès
Licenciés fin novembre, Giovanni Spoletini et Patrick Cornu dénoncent «les aspects scandaleux du processus de réforme hospitalière en cours». Ils démontent la plupart des arguments d’Hôpital neuchâtelois présentés aux médias le 4 décembre. «Nous ne sommes pas là pour sauver nos postes mais pour dénoncer, comme citoyens et témoins, des faits advenus et en cours. La population doit savoir car les non-dits et les mensonges la concernent», a relevé Patrick Cornu. Petit retour en arrière. En 2005, le peuple accepte le projet de loi sur l’établissement hospitalier multisites. En 2006, la direction d’HNe présente un plan d’action: une maternité (à La Chaux-de-Fonds) amputée du service de pédiatrie annexe (à Neuchâtel). Les médecins, Giovanni Spoletini en tête, dénoncent «une incohérence médicale majeure, dangereuse en termes de sécurité». Suite à cette crise, un groupe de travail élargi est créé. Il propose la création d’un département mère-enfant.
Ancien
Conseil d’Etat dupé
Comme on sort de la logique des quatre piliers (chirurgie, médecine, maternité et pédiatrie) nécessaires à un hôpital principal traditionnel, il faut procéder à une répartition des missions entre les hôpitaux. C’est le rôle du rapport Antarès, qui propose deux variantes. La seconde, qui prévoit le site mère-enfant à Pourtalès et l’appareil locomoteur à La Chaux-de- Fonds, est privilégiée par HNe. «Apparemment équilibré sur le papier, cette perspective traduit la vision déséquilibrée de la direction générale dans la répartition des missions», dénoncent les médecins. «Elle comprend toutes les activités orthopédiques de la Providence à Neuchâtel. Or la Providence ne fait pas partie d’HNe. La chirurgie du rachis, qui doit donner un volume d’activités au pôle locomoteur, est donc virtuelle.» Les deux médecins laissent ainsi entendre qu’en décidant, en janvier 2008, d’implanter le site mère-enfant à La Chaux-de-Fonds et le centre orthopédique à Neuchâtel, le Conseil d’Etat aurait été dupé, croyant sincèrement à un équilibre des missions. Il n’en a pas moins pris l’option inverse de celle prônée par la direction d’HNe. «Qui du coup s’est vue contrainte de tomber le masque et de reconnaître que le site qui abriterait l’unité mère-enfant tirerait à lui un certain nombre d’activités et qu’il serait difficile de maintenir l’équilibre», a encore révélé Giovanni Spoletini. En outre, le rapport Antarès prévoit le maintien sur les deux sites des urgences médico-chirurgicales et des soins intensifs. «La direction générale ne l’applique plus: elle a proposé la fermeture du bloc opératoire sur le site de La Chaux-de- Fonds le soir, la nuit et les week-ends et cherche à fermer l’un des services de soins intensifs, ce qui posera des problèmes de cohérence médicale et de sécurité dans les autres services de La Chaux-de-Fonds», condamnent les médecins. Qui déplorent aussi le déséquilibre croissant entre le bas et le haut du canton en termes de force de travail: sur sept chefs de département, six sont à Neuchâtel et un partage son temps de travail entre les deux sites. Idem pour les gynécologues employés par HNe: six sur sept ont leur cabinet sur le littoral. Et Patrick Cornu de préciser le but de leur démarche: «Il ne s’agit pas d’une opposition entre le haut et le bas du canton, ni d’une opposition gauchedroite , mais simplement de rendre attentif à un déséquilibre régional de plus en plus flagrant.» La reprise en main du dossier par la Conseillère d’Etat Gisèle Ory et la constitution d’un groupe de pilotage, où les instances dirigeantes d’HNe ne sont pas invitées, constituera peut-être la première étape vers une résolution du dossier.
Claude GRIMM