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Le Grand Conseil torpille un projet de caisse publique

Tribune de Genève, tdg.ch
Samedi, 30 janvier 2010

Totalement isolés, les députés socialistes n’ont pu sauver leur caisse maladie.

Genève paie des primes d’assurance maladie trop élevées, l’augmentation des coûts de la santé est désespérante et les comptes des caisses maladie sont totalement opaques. Sur ces trois points, les cent députés du Grand Conseil sont d’accord. Mais quand il s’agit de trouver des moyens d’améliorer la situation, l’harmonie cesse.
C’est ainsi qu’une écrasante majorité des élus a refusé hier soir d’entrer en matière sur la création d’une caisse cantonale genevoise d’assurance maladie à but non lucratif. Elle visait principalement à assurer un fonctionnement transparent. Même les Verts ont lâché leurs alliés socialistes. En 2002, un projet similaire avait subi le même sort.
Le radical Patrick Saudan, rapporteur de majorité, a traité la proposition de «bricolage qui n’a aucune chance d’être accepté par les autorités fédérales». De fait, certaines dispositions seraient contraires au droit fédéral. «Dans ce cas, renvoyez ce texte en commission pour le rendre compatible», a plaidé le socialiste Alain Charbonnier.

Rien n’y a fait. Pour les autres groupes, le patient est trop mal en point pour être sauvé. «La caisse unique est la solution, la caisse publique ne l’est pas», a assuré Mauro Poggia (MCG). En clair, cette caisse ne sera pas viable car elle devra accueillir tous les mauvais risques dont les autres ne voudront pas.
Le vote est sans appel: 68 non, 15 oui socialistes et 9 abstentions écologistes. Le débat a au moins permis d’évoquer deux pistes pour tenter d’améliorer le sort des assurés: une initiative fédérale du Parti socialiste pour la création d’une caisse unique et une autre de l’Association des médecins genevois, qui interdirait aux caisses de gérer en même temps l’assurance de base et les assurances complémentaires.

Votation pour Justice 2011

Jeudi soir, c’est à l’unanimité que les députés ont accepté une modification de la Constitution rendue nécessaire par la nouvelle loi sur l’organisation judiciaire, qui entrera en vigueur en 2011. Elle doit permettre aux juges déjà en poste d’accéder à leurs nouvelles fonctions sans passer par une nouvelle élection.
Le peuple dira en votation le 13 juin s’il est d’accord avec ce coulissement. L’objectif est d’assurer une transition harmonieuse.
Eric Budry