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Renvoyé du Valais, le chirurgien Savioz sera probablement engagé à Genève

Tribune de Genève, tdg.ch
Vendredi 26 février 2010

Le chirurgien licencié pour avoir mis en doute la qualité du Réseau Santé Valais pourrait trouver un poste aux Hôpitaux universitaires.

Il ne veut pas «entrer dans la polémique» en commentant le cœur de l’affaire. Le directeur des Hôpitaux universitaires de Genève, Bernard Gruson, se dit toutefois «surpris» par le licenciement du médecin valaisan Daniel Savioz et envisage «très sérieusement» de l’engager . Ce chirurgien, médecin-chef à l’Hôpital de Sierre, avait douté de la qualité des opérations au sein du Réseau Santé Valais. Estimant les décès et les complications trop importants, il avait transmis environ 70 rapports médicaux à trois confrères genevois, dont le professeur Philippe Morel, afin de leur demander leur avis (llire nos éditions d’hier). La découverte de ces échanges a rompu la confiance entre le Valaisan et son institution de tutelle, qui a choisi de s’en séparer.

Le patron de la chirurgie, Philippe Morel, a vivement soutenu le Dr Savioz. Les HUG iront-ils jusqu’à l’engager ?
C’est très sérieusement envisagé. Il s’agit de quelqu’un de remarquable, dont les compétences sont rares. Je ne vois pas pourquoi on s’en priverait.

Aviez-vous donc un poste à pourvoir?
On a toujours des postes à pourvoir. On manque de chirurgiens ! Il serait engagé dans son domaine, la chirurgie digestive. Mais rien n’est encore fait.

Ce chirurgien était déjà lié à la Faculté de médecine genevoise, comment cela se fait-il?
Nous avons des conventions de coopération avec de nombreux cantons. Certains de ces accords hospitalo-universitaires permettent à des médecins d’autres cantons de donner des cours ici ou alors d’accueillir et de former chez eux certains de nos stagiaires.

Sur le fond, pensez-vous que ce médecin ait eu raison de se confier à ses confrères genevois?
Je suis surpris par les modalités de ce licenciement, mais je ne veux pas entrer dans la polémique. Ce qui compte, c’est de faire évoluer la culture des erreurs médicales. La Suisse est en retard. En Europe, des agences de qualité visitent et accréditent les hôpitaux, en passant au crible des centaines de critères. Je plaide depuis longtemps pour la création d’une agence nationale de qualité, notant les établissements publics et privés. Ce sera le seul moyen de comparer les choses. Les patients ont droit à la transparence sur la qualité des soins.
Sophie Davaris